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Niger: les sinistrés des inondations se réfugient sur les hauteurs de Niamey

"Enfin, nous sommes arrivées !" se réjouissent Amina et Halima, deux habitantes de Niamey, en descendant de la camionnette qui les a conduites sur le site aménagé de Saguia, dans la périphérie de Niamey, où sont relogés des sinistrés des inondations provoquées par une crue exceptionnelle du fleuve Niger. 

 Il y a deux semaines, les autorités nigériennes ont décrété l'"alerte rouge", après que le niveau des eaux du troisième grand fleuve d'Afrique a atteint un seuil "jamais vu en plus de 50 ans".

Selon le dernier bilan officiel publié mardi, les inondations qui affectent tout le pays depuis le début de la saison des pluies en juin ont fait 57 morts et plus de 130.000 sinistrés. 

A Niamey même, les inondations ont déjà fait plus de 6.300 personnes sinistrées. A pied, à moto, sur des charrettes, en taxi ou à bord de véhicules affrétés par les autorités, les victimes des inondations ont afflué vers Saguia. 

D'habitude interdit au public, ce terrain vague de l'armée nigérienne surplombe le fleuve. En 2012, il avait abrité 400 soldats maliens qui avaient fui une offensive de rebelles touareg dans le nord du Mali. 

Depuis ces hauteurs, on aperçoit des habitations avalées par les eaux et des rizières englouties. Pour accéder au site, il faut être détenteur d'un "ticket" délivré dans les écoles qui ont servi de site de transit aux sinistrés, expliquent à l'AFP des gendarmes qui filtrent les arrivants, l'arme au poing.

 A l'intérieur de l'immense camp, sapeurs-pompiers et ouvriers municipaux ont dressé des dizaines de tentes blanches offertes par les agences des Nations Unies et la Croix Rouge. 

"Les gens une fois arrivés ici sont installés dans des tentes (...) et nous avons suffisamment de vivres pour eux", a affirmé à l'AFP le gouverneur de Niamey, Issaka Assane Karanta, rencontré sur le site. 

Le groupe électrogène et le forage d'eau potable "ont été remis en état", des lampadaires seront bientôt installés et un cabinet médical est opérationnel "pour les soins d'urgence", assure-t-il. Quelque 122 ménages, soit 854 personnes, ont été installés et le site pourra à terme accueillir 1.200 sinistrés, selon lui. 

"On nous a donné du riz, du mil, des moustiquaires, des couvertures et de l'eau potable", énumère Aïssa Salifou, qui se maquille sous sa tente, tête et épaules recouvertes d'un grand voile. "Les eaux nous ont surpris en plein sommeil, on a dû démolir des murs des maisons voisines pour nous exfiltrer", raconte cette résidente de Kirkissoye, un des quartiers les plus affectés. 

- 'J'ai été chanceuse' -

Tout en surveillant sa marmite sur le feu, Fatouma Boubacar, une autre sinistrée de Kirkissoye, se dit soulagée : "Nous vivons dans les bas-fonds où nous avons été piégés par les eaux, ici c'est spacieux, bien aéré et surtout bien sécurisé". Arrivée il y a deux jours, Fatouma a repris son commerce de légumes, qu'elle exerçait avant la catastrophe.

 "J'ai été chanceuse : à peine sortie de ma maison, le toit s'est effondré", raconte Ramatou Abdou, allongée dans un fauteuil, un cure-dent coincé entre les dents. "J'attends mon premier bébé dans un mois, je vais le prénommer +Saguia". 

A l'ombre d'un arbre géant, une dizaine de nouveaux arrivants attendent l'achèvement de nouveaux abris pour les occuper. Loin des menaces du fleuve, des enfants ont reconstitué leur équipe de foot du quartier et courent derrière un ballon en chiffon, pieds et torse nus sous un soleil de plomb. A l'autre bout du camp, un gendarme, l'arme en bandoulière, met de l'ordre dans une file de gamins, qui attendent, assiettes à la main, de recevoir un repas chaud servi par une ONG. 

"Nous tentons de vivre ici en attendant de voir ce que Allah nous réserve", résume, fataliste, Fatouma Boubacar. 

Le niveau du fleuve a certes un peu baissé mais le gouverneur Karanta conseille aux riverains "la vigilance" et surtout "de s'éloigner du lit du fleuve". 

La météo prévoit de nouvelles fortes précipitations jusqu'à la "mi-octobre".

AFP

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