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Sénégal: décès d'une figure du Parti socialiste, ex-collaborateur des présidents Senghor et Diouf

Le dirigeant socialiste sénégalais Ousmane Tanor Dieng, allié du président Macky Sall et ancien collaborateur de ses prédécesseurs Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, est décédé lundi en France, à 72 ans, des suites de maladie.

Ousmane Tanor Dieng, né en janvier 1947, est décédé à Bordeaux (sud-ouest de la France) où il était soigné, a-t-on précisé dans son entourage.

Responsable de la coalition présidentielle, il dirigeait le Haut Conseil des collectivités locales, une institution issue de la révision constitutionnelle de 2016 à la tête de laquelle l'avait nommé le chef de l'Etat.

M. Sall a salué dans un communiqué "un homme d'Etat d'une dimension exceptionnelle", ainsi qu'un "allié éminent et loyal, un grand militant du Sénégal".

Ousmane Tanor Dieng était le secrétaire général du Parti socialiste (PS), formation appartenant à la coalition au pouvoir et qui a mené le Sénégal à l'indépendance en 1960 et l'a dirigé jusqu'en 2000, date de l'élection du libéral Abdoulaye Wade.

Ce diplomate de formation, issu de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature de Dakar (Enam), a été conseiller diplomatique de Senghor (1960-1980) avant de devenir, comme ministre d'Etat à la présidence, le principal collaborateur et homme de confiance du président Diouf (1981-2000). Il a été un opposant irréductible à Abdoulaye Wade (2000-2012).

Cet homme d'Etat placide, ancien député et ancien responsable de l'Internationale socialiste, était loué par plusieurs responsables sénégalais pour ses qualités de républicain.

Ousmane Tanor Dieng n'était pas un grand tribun, étant plutôt réputé pour sa belle plume, une raison pour laquelle le président-poète, Senghor, l'avait appelé à ses côtés, selon des membres du PS.

Ses détracteurs lui ont imputé le déclin depuis 2000 du PS, dont il a été à deux reprises le candidat malheureux, aux présidentielles de 2007 et 2012, et qui ne joue plus les premiers rôles au Sénégal. M. Dieng s'en est toujours défendu.

Ils lui ont notamment reproché de n'avoir pas soutenu l'ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, un dissident du PS en détention depuis mars 2017 et dont les partisans attribuent les difficultés judiciaires à sa volonté de se présenter contre Macky Sall en 2019.

Khalifa Sall, exclu du PS, a été condamné en août 2018 en appel à cinq ans de prison pour "escroquerie portant sur les deniers publics" d'environ 2,5 millions d'euros prélevés entre 2011 et 2015 sur les caisses de la Ville de Dakar. Son recours contre sa révocation de la mairie de Dakar a été rejeté la semaine dernière par la Cour suprême. 

AFP

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