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Centrafrique: quatre morts dans des affrontements au quartier PK5 de Bangui

Quatre personnes ont été tuées et 26 blessées mercredi soir et jeudi au cours d'une reprise des affrontements entre des commerçants et des miliciens du quartier musulman PK5 de la capitale centrafricaine, Bangui.

Les affrontements ont causé la mort de trois membres de groupes d'autodéfense, selon Awad Al Karim, imam de la mosquée Ali Babolo située au PK5. Leurs corps, ainsi que celui d'un commerçant tué mercredi soir, ont été amenés jeudi à la mosquée Ali Babolo.

Médecins sans Frontières (MSF) a fait état jeudi soir de 26 blessés dans le quartier qui, depuis plusieurs semaines, n'avait pas connu de violences.

"Depuis mercredi soir, le quartier PK5 est secoué par des échanges de tirs impliquant des groupes criminels", a déclaré jeudi à la presse le porte-parole de la mission de l'ONU (Minusca), Vladimir Monteiro. 

"Ces échanges ont été déclenchés par des crimes chroniques commis par des bandes criminelles contre les commerçants du quartier", a-t-il ajouté.

"Cela a commencé avec un accrochage entre un vendeur de carburant et des jeunes armés", a expliqué à l'AFP Awad Al Karim. Selon lui, le vendeur de carburant avait refusé de payer une "taxe" imposée par l'une des milices d'autodéfense du quartier.  

En représailles, deux jeunes à moto ont lancé une grenade sur des civils désarmés, et un homme de quarante ans a été tué, selon Awad Al Karim. Dans la foulée, la famille du défunt a entrepris de venger sa mort avec l'aide d'une milice rivale du quartier, selon plusieurs témoins contactés par l'AFP.

- Coups de feu dans la nuit -

Des coups de feu ont été échangés dans la nuit jusque vers 09h00 (08H00 GMT). "Nous avons immédiatement envoyé des patrouilles dans le quartier", a précisé le porte-parole de la Minusca.  

Mais vers 11h00, les échanges de tirs ont repris au PK5. Les commerces étaient fermés sur l'avenue Barthélémy Boganda, et les trottoirs étaient déserts, a constaté un journaliste de l'AFP. 

"C'est parti d'une simple affaire de racket. Désormais le marché est vide, et les gens ont peur. On espère que les choses vont rentrer dans l'ordre", témoignait un commerçant. Des tirs nourris ont continué de résonner jusque vers midi. Jeudi après-midi, le calme était revenu dans la ville. 

Le PK5 est en proie à des violences sporadiques depuis 2014. C'est dans ce quartier que s'étaient réfugiés beaucoup de musulmans de Bangui après les affrontements entre rebelles Séléka et groupes anti-balaka qui ont ravagé la capitale après la chute du président François Bozizé en 2013.

- Groupes d'autodéfense -

Depuis, le quartier musulman de Bangui échappe toujours au contrôle des autorités centrafricaines et de la Minusca. Les ruelles du PK5 sont tenues par une myriade de groupes autoproclamés d'autodéfense constitués depuis 2013, qui se financent notamment par des "taxes" prélevées sur les commerçants et la population.

Début juin, trois jours de deuil avaient été imposés aux habitants du quartier, après la mort du principal chef de milice du PK5, Nimery Matar Jamous, alias "Force". Son successeur, Mahamat Rahamat, également dénommé "Force", serait impliqué, selon des habitants, dans les affrontements de mercredi et jeudi.  

En avril 2018, la Minusca avait lancé l'opération Sukula (Nettoyage en sängö, la langue nationale) visant à arrêter "Force". Cette opération répondait à un appel lancé par l'association des commerçants du PK5 qui avait fixé un ultimatum à la Minusca pour qu'elle démantèle ces groupes armés, accusés de violences et d'exactions.

L'opération s'était soldée par un échec, avec une trentaine de morts et une centaine de blessés.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

Un accord de paix a été signé à Bangui début février entre le gouvernement et quatorze groupes armés. Il est le huitième signé depuis le début de la crise. La situation sécuritaire reste particulièrement fragile dans ce pays qui compte parmi les plus pauvres au monde. 

AFP

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