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Nigeria: l'ex-président de la Cour suprême jugé coupable de corruption

L'ancien président de la Cour suprême du Nigeria a été reconnu coupable jeudi de corruption et condamné à dix ans de suspension par le Tribunal du code de conduite (CCT), dans un procès aux motivations politiques, selon l'opposition.

Walter Onnoghen, qui était le plus haut magistrat du pays, avait été suspendu de ses fonctions environ un mois avant les élections présidentielle et législatives du 23 février, par le président Muhammadu Buhari en personne, ce qui est contraire aux principes de séparation des pouvoirs.

La décision avait provoqué la colère de l'opposition et de nombreux magistrats, qui avaient dénoncé une dérive autoritaire et un "coup d'Etat contre l'appareil judiciaire": la révocation du président de la Cour suprême nécessite selon la loi un vote avec une majorité des deux tiers au Sénat.

Walter Onnoghen avait plaidé non coupable des six chefs d'accusation qui pèsent contre lui, notamment pour des affaires de fraude et de corruption. 

"L'accusé a clairement enfreint le Code de conduite des fonctionnaires et il est donc reconnu coupable et il lui est interdit d'exercer des fonctions publiques pendant 10 ans", a déclaré Danladi Umar, le président du Tribunal du Code de conduite, qui statue sur les affaires impliquant des agents publics.

Le juge a également ordonné que l'argent découvert sur des comptes bancaires de M. Onnoghen, en devises étrangères et non déclarés, soit confisqué par le gouvernement.

"Cette décision est inconstitutionnelle", a regretté maître Okon Efut, l'un des avocats de M. Onnoghen. Ce tribunal, selon lui, "entrave les principes naturels de la justice et de l'équité".

"La justice n'a pas été rendue aujourd'hui", a dénoncé l'avocat. "Mais elle le sera demain".

Walter Onnoghen avait démissionné de la présidence de la Cour suprême début avril après une très longue polémique.

Muhammadu Buhari, qui a été élu sur la promesse d'éradiquer la corruption, ce "cancer" qui gangrène le premier producteur de pétrole du continent africain, avait dénoncé le parti-pris selon lui de la Justice pour certains accusés de corruption.

Il estime que certains hommes politiques, notamment de l'opposition, auraient vu leur cas invalidés par la Cour Suprême, sans raison justifiable.

Mais sa décision de suspendre le plus haut magistrat du pays quelques semaines seulement avant la présidentielle, et d'y placer l'un de ses proches, a été perçu comme un acte "anti-démocratique" en vue d'assurer la victoire du parti au pouvoir. 

En effet, la Cour suprême est aussi l'organe judiciaire chargé de trancher les éventuels litige électoraux.

Les détracteurs du chef de l'Etat voient dans les accusations contre M. Onnoghen une chasse aux sorcières menée contre les opposants. L'ancien général Muhammadu Buhari a finalement été réélu pour un second mandat, dans ce que l'opposition a dénoncé être "parodie d'élection".

AFP

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