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Mali: manifestations de femmes et d'enfants de militaires tués

Des centaines d'épouses et d'enfants de militaires maliens ont manifesté vendredi à Ségou et Sévaré, dans le centre du pays, pour dénoncer la mort de soldats dans des attaques jihadistes et réclamer davantage de moyens pour l'armée, a-t-on appris auprès des participants.

Les familles de soldats ont déjà exprimé leur ressentiment à la suite de l'attaque de Dioura (centre) le 17 mars, qui a fait 26 morts, selon un dernier bilan de source militaire. Elles ont ainsi éconduit jeudi à Nioro (ouest) le chef d'état-major de l'Armée de terre venu leur présenter ses condoléances.

Le gouvernement a décrété "un deuil national de trois jours" à partir de vendredi pour les "soldats lâchement assassinés à Dioura par des terroristes" et le président Ibrahim Boubacar Keïta a prévenu les chefs militaires qu'"aucune négligence ne saurait plus être tolérée", sans apparemment calmer l'ire des familles.

A Ségou, capitale d'une des dix régions du Mali, des femmes de militaires tués se sont assises sur le bitume pour bloquer la circulation, alors que des enfants de soldats brûlaient des pneus, selon des témoins.

"On nous a dit qu'on a acheté des hélicoptères pour l'armée. Où sont les hélicoptères, pourquoi on ne les utilise pas?", a déclaré au téléphone à l'AFP une femme prénommée Fatoumata, se présentant comme veuve d'un  militaire tué à Dioura.

"Elles sont des centaines de femmes et enfants de militaires à manifester ici à Ségou pour dénoncer le manque de moyens de l'armée", a indiqué à l'AFP Oumar Touré, un enseignant.

Une manifestation similaire de femmes et d'enfants de militaires s'est déroulée à Sévaré, près de Mopti, autre capitale régionale du centre du pays. "Nous ne voulons plus que nos maris meurent bêtement", ont scandé les participants, exigeant également "plus de moyens pour l'armée" ou encore "des explications", selon des correspondants de médias locaux joints par l'AFP.

Des appels à la démission du chef de l'Etat ont également été entendus à Sévaré, selon les mêmes sources.

Par ailleurs, un rassemblement à l'appel d'un collecif des associations a réuni vendredi à Bamako environ un millier de personnes qui ont réclamé des solutions aux crise sécuritaire et scolaire dans le pays.

"Il n'y a plus d'école depuis des mois. Nous allons vers une année blanche. Il est urgent que le gouvernement et les enseignants trouvent un terrain d'entente", a déclaré le président du Collectif, Mohamed Kimbiri, lors de ce rassemblement, en allusion aux grèves répétées des enseignants du public pour de meilleures conditions de vie et de travail.

"La situation sécuritaire cause aussi problème. Nos soldats tombent au front. La crise n'est plus dans le Nord, mais partout désormais. Le gouvernement doit trouver une solution", a ajouté M. Kimbiri. "Le gouvernement est incapable", "le gouvernement doit démissionner", ont scandé les manifestants. 

A la suite de l'attaque de Dioura, les groupes pro-Bamako impliqués dans l'accord de paix de 2015 ont appelé les autres signataires, le gouvernement et l'ex-rébellion à dominante touareg, à "mettre de côté leurs dissensions et à conjuguer leurs efforts afin d'accélérer la mise en place des bataillons d'unités spéciales".

Le déploiement de ces unités spéciales prévues pour "lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée" est urgent "pour faire face à l'insécurité grandissante dans les régions du Nord et du Centre", ont affirmé ces groupes dans un communiqué.

Auparavant, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion) avait dénoncé dans une lettre au gouvernement le 15 mars de "récentes décisions unilatérales", dont la création de ces bataillons par arrêté du ministre de la Défense le 8 mars.

AFP

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