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Régions anglophones au Cameroun: au moins 5 personnes kidnappées, 80 autres dépuillées

Au moins cinq personnes ont été enlevées mercredi lors deux kidnappings distincts dans les deux régions anglophones du Cameroun, où 80 autres personnes ont été dépouillées le même jour par des séparatistes, a appris l'AFP de plusieurs sources. 

80 personnes qui voyageaient en bus ont été attaquées par des séparatistes sur la route entre Buea et Kumba, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, a indiqué à l'AFP une source locale. 

Les séparatistes les ont gardées confinées dans le bus entre 10 heures (09H00 GMT) et 17 heures (16H00 GMT). 

Dépouillés de leurs affaires personnelles, les voyageurs ont ensuite été libérés.

L'axe sur lequel le kidnapping a eu lieu est connu pour être l'un des "plus dangereux" du pays en raison des fréquentes attaques des séparatistes qui rackettent les voyageurs, notamment en les gardant en otage en échange de rançons réclamées à leurs familles par transfert mobile. 

A une cinquantaine de kilomètres plus au sud, au moins quatre joueurs de l'équipe de football de l'Université de Buea, capitale de la région du Sud-Ouest, ont été kidnappés mercredi matin en pleine séance d'entraînement, a indiqué à l'AFP une autorité locale. 

Les forces de l'ordre étaient toujours à leur recherche mercredi soir, a précisé cette source. 

Dans l'autre région anglophone du pays, à Bamenda, chef-lieu du Nord-Ouest, un ex-secrétaire d'État, Emmanuel Ngafeson, a été enlevé en plein centre-ville mercredi matin, a affirmé à l'AFP une autre autorité locale, précisant qu'il n'avait pas été libéré depuis. 

La veille, dans la même ville, c'est un entraîneur d'un club de football de première division qui a été kidnappé puis libéré en fin de journée, a rapporté mercredi Radio France internationale (RFI).

Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des séparatistes multiplient les enlèvements de responsables, de militaires et policiers, ainsi que des civils, d'une part pour maintenir la pression sur le régime de Yaoundé et d'autre part pour exiger des rançons permettant aux groupes armés de tenir.

Les séparatistes anglophones militent pour la création d'un Etat indépendant dans ces deux régions, devenues le théâtre d'un conflit armé depuis fin 2017. 

Des affrontements entre l'armée et ces séparatistes armés, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, s'y produisent depuis quasiment chaque jour.

Dans ce conflit se sont en outre invités bandits et pillards qui rackettent les populations et les entreprises.

AFP

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