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Cameroun: "nous sommes des prisonniers politiques" (Maurice Kamto)

Le principal opposant camerounais, Maurice Kamto, et une centaine de ses alliés et partisans, détenus pour certains depuis fin janvier, se considèrent comme "des prisonniers politiques", selon une déclaration obtenue mardi par l'AFP.

"Nous et nos 160 camarades, détenus dans différentes prisons du Cameroun, sommes des prisonniers politiques", ont déclaré M. Kamto et quatre de ses alliés, tous écroués à la prison principale de Yaoundé d'où ils ont signé la déclaration.

Les signataires disent réfuter "les allégations du ministre de la Communication", René Emmanuel Sadi, qui avait affirmé qu'ils étaient détenus pour des "faits de droit commun".

Ils accusent le gouvernement de leur imputer "un certain nombre d'actes dans le dessein évident d'embastiller les alliés pour le changement, paralyser leurs activités politiques, terroriser les populations et anéantir les balbutiements de la démocratie afin d'instaurer le totalitarisme" au Cameroun.

Maurice Kamto, principal opposant au président Paul Biya après la présidentielle d'octobre où il est arrivé officiellement deuxième, continue de revendiquer la victoire et dénonce "un hold-up électoral".

Il a été arrêté fin janvier, en même temps que de nombreux soutiens et partisans.

Mi-février, M. Kamto et plusieurs autres personnes ont été présentés devant le tribunal militaire de Yaoundé, où une information judiciaire pour des faits allégués d'"hostilité contre la patrie" et "insurrection" a été ouverte à leur encontre.

Début mars, l'Union européenne avait dénoncé "l'ouverture de procédures disproportionnées" contre M. Kamto et ses sympathisants, dénonçant le "malaise politique" qu'entraînerait "l'arrestation et la détention prolongée" de M. Kamto.

Les affirmations de l'UE "résistent peu à l'analyse, à la réalité et à la véracité des faits", a réagi M. Sadi, appelant "à une bonne compréhension de la situation" qui prévaut au Cameroun, selon un communiqué reçu mardi.

Selon lui, les dirigeants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de M. Kamto veulent "s'emparer du pouvoir par des man½uvres antidémocratiques".

La semaine dernière, déjà, le régime camerounais avait réagi aux propos du secrétaire d'État américain adjoint aux affaires africaines, Tibor Nagy, qui avait déclaré "qu'il serait très sage de libérer" Maurice Kamto. 

Le gouvernement avait alors dénoncé "une grave velléité d'immixtion". 

Jeudi, une demande de libération immédiate déposée par les avocats de Maurice Kamto a été rejetée par la justice camerounaise.

AFP

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