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Les humanitaires s'alarment du "retour forcé" du Cameroun de milliers de réfugiés nigérians

Les autorités camerounaises ont ordonné le retour de dizaines de milliers de réfugiés nigérians, qui ont fui les combats entre l'armée et Boko Haram au Cameroun, se sont inquiétées vendredi les agences humanitaires.

Les Nations Unies estiment que 20.000 réfugiés sont retournés à Rann, dans l'extrême nord-est du Nigeria, cible répétée des insurgés de Boko Haram, où le personnel humanitaire n'a plus accès depuis le mois de décembre. 

"D'après les échos, ces personnes ont un besoin cruel d'assistance humanitaire, notamment d'abris, de nourriture ou d'eau potable", affirme un rapport de l'ONU. 

L'ONG Action contre la Faim estime de son côté que "au moins 10.000 personnes seraient retournées dans l'État de Borno", Etat au coeur de l'insurrection, "parmi les 40.000 femmes, enfants et hommes Nigérians ayant fui la ville de Rann à la suite des attaques meurtrières de décembre 2018 et de janvier 2019".

"Les conditions ne sont aujourd'hui pas réunies pour permettre le retour en toute sécurité des réfugiés dans la ville de Rann", met en garde ACF.

Amnesty International affirme de son côté qu'au moins 60 civils, qui étaient rentrés à Rann après les attaques de janvier, ont été tués par les jihadistes. Un humanitaire confie à l'AFP que "le camp pour les déplacés est totalement ouvert", sans aucune protection. 

Ce retour forcé est contre les lois internationales d'accueil des réfugiés, rappelle de son côté Médecins sans Frontières (MSF).  

"Les autorités camerounaises et nigérianes leur ont dit de partir", rapporte Stephanie Remion, coordinatrice d'urgence pour MSF. 

"Nous sommes extrêmement inquiets de ce qu'il leur arrivera à Rann, où la situation sécuritaire est très dangereuse", ajoute MSF, qui souligne également un cas de rougeole, qui pourrait se révéler un "désastre" s'il se transforme en épidémie. 

La ville, où s'étaient déjà réfugiées ces dizaines de milliers de villageois fuyant les combats, a été attaquée par Boko Haram entre la fin décembre et la mi-janvier. Pris de panique, les soldats camerounais et nigérians en poste autour de la ville se sont enfuis.  

Sur plusieurs images satellites du centre CNES/Airbus ainsi que de l'institut européen de surveillance Copernicus, on peut encore distinguer que certaines parties de la ville, ont été totalement rasées par les flammes. 

AFP

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