mis à jour le

Dans la ville sainte de Touba, les Sénégalais votent sous des tentes

Des files d'électeurs serpentent devant des tentes de toile, dans les rues sablonneuses de Touba (Sénégal). Dans la ville sainte de la grande confrérie des mourides, au statut particulier, les habitants sont depuis longtemps habitués à voter sous des "abris provisoires".

Ville-champignon du centre du pays, reliée à Dakar par une autoroute inaugurée en décembre par le président Macky Sall, Touba s'est développée autour des tombeaux du fondateur du mouridisme à la fin du XIXe siècle, Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), dit Serigne Touba, et de ses fils et successeurs.

Dans cette ville peuplée aujourd'hui de quelque deux millions d'habitants, rien ne ne se fait sans l'aval du khalife général. L'Etat y est représenté par la gendarmerie et la police, mais la quasi-totalité des services administratifs sont installés dans la localité voisine de Mbacké.

Faute d'écoles publiques où sont généralement installés les bureaux de vote, sur 601 à Touba pour la présidentielle dimanche, 580 ont été installés dans ces "abris provisoires", une réalité vécue ailleurs à une moindre échelle, comme à Dakar, où des tentes ont été dressées dans certains quartiers pour faire face à l'augmentation des électeurs.

"Nous avons d'énormes difficultés pour avoir des salles de classe, donc ces tentes font office de bureaux de vote", explique une électrice de Touba, Coumba Niang, vendeuse de fripes âgée de 30 ans. 

Lors des législatives de juillet 2017, en pleine saison des pluies, de violents orages tombés sur Touba la nuit précédant le scrutin avaient emporté des tentes et retardé le vote de plusieurs heures. Cette fois, la météo est clémente - un soleil voilé par une brume de poussière - et les opérations de vote ont commencé dans les temps. 

"Je suis venu faire la queue depuis ma prière de l'aube (à 06H30 du matin) pour passer vite et aller travailler à mon atelier", explique le premier électeur du bureau n°27, Ousmane Thiam, un soudeur de 47 ans.

- Poids des confréries -

En fin de matinée, Madické Niang, 65 ans, l'un des quatre rivaux de Macky Sall, s'est glissé dans une des files d'attente.

"J'ai décidé de me mettre en rang sous le soleil parce que je considère que tous les électeurs sont égaux. Je ne peux pas voter avant eux", a confié à l'AFP le doyen des candidats, membre de la confrérie mouride.

Si les confréries religieuses influencent fortement la vie quotidienne des Sénégalais, pays musulman à 95%, et que les candidats de tous bords se sont pressés pour obtenir les bénédictions des chefs religieux pendant la campagne, elles ne déterminent pas forcément le choix des électeurs, selon les experts.

Aussi bien Macky Sall que Madické Niang ont débuté leur campagne le 3 février à Mbacké, alors que la région a longtemps été considérée comme un fief de l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2002).

"Je suis venu choisir le président de la République parce que je veux qu'on m'aide dans mes cultures, avec plus de semences et des machines. Je n'ai pas de bourse sociale et je veux qu'on m'assiste", explique Elhadj Ibrahima Thiongane, un cultivateur de 69 ans habillé d'un boubou à parements blancs.

Pour cette élection, Touba n'a pas le monopole des "abris provisoires". Dans un centre de vote de la Scat-Urbam, dans la proche banlieue de Dakar, deux tentes ont également été dressées dans une cour d'école, pour compléter le dispositif.

"C'est parce que le nombre d'électeurs a augmenté, c'est dû aux primo-votants", les jeunes qui ont récemment atteint l'âge de 18 ans et nouvellement inscrits sur les listes, explique à l'AFP le président du bureau de vote n°15, Adama Diallo.

Lors des dernières législatives, le Sénégal comptait 6,2 millions d'électeurs inscrits. Pour cette présidentielle, ils sont 500.000 de plus, selon les statistiques officielles.

AFP

Ses derniers articles: La Tunisie tourne la page Ben Ali  Manifestations anti-Sissi en Egypte, plusieurs arrestations  Le prince Harry en voyage officiel en famille en Afrique australe la semaine prochaine 

Sénégalais

AFP

Décès du Sénégalais Jacques Diouf, directeur général de la FAO pendant 18 ans

Décès du Sénégalais Jacques Diouf, directeur général de la FAO pendant 18 ans

AFP

Transfert: le Sénégalais Sada Thioub signe

Transfert: le Sénégalais Sada Thioub signe

AFP

Encore loin du "zéro déchet", les Sénégalais mènent la lutte contre les ordures

Encore loin du "zéro déchet", les Sénégalais mènent la lutte contre les ordures

ville

AFP

Kidal, ville du nord, inquiète les voisins du Mali

Kidal, ville du nord, inquiète les voisins du Mali

AFP

Gabon: la fin des carpes dans la ville du Dr Schweitzer

Gabon: la fin des carpes dans la ville du Dr Schweitzer

AFP

Libye: 42 civils tués dans un raid aérien sur une ville du sud

Libye: 42 civils tués dans un raid aérien sur une ville du sud