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RDC: Kabila reprend sa famille politique en main

L'ex-président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est sorti de sa toute récente retraite mercredi pour resserrer les rangs de sa famille politique, qui doit devenir une "plate-forme de gouvernement" face au nouveau chef de l'Etat issu de l'opposition Félix Tshisekedi.

M. Kabila, 47 ans, a transmis le pouvoir à Félix Tshisekedi le 24 janvier mais sa coalition du Front commun pour le Congo (FCC) a gardé la majorité au Parlement, d'après les résultats officiels des élections générales du 30 décembre (résultats contestés par l'autre candidat de l'opposition, Martin Fayulu).

Un mois après la première transition pacifique dans l'histoire de la RDC, le nouveau chef de l'Etat Félix Tshisekedi n'a pas désigné de Premier ministre pour former un gouvernement. Il travaille avec l'équipe léguée par M. Kabila.

M. Tshisekedi n'a pas pour l'instant choisi l'autre option que lui offre la Constitution: la désignation d'un "informateur" (comme en Belgique, l'ancienne puissance coloniale)chargé d'identifier une majorité dans la nouvelle Assemblée.

C'est dans ce contexte que son prédécesseur Joseph Kabila a réuni les chefs des 18 regroupements politiques de sa coalition du FCC dans sa ferme de Kingakati près de Kinshasa. Une première depuis son départ du pouvoir.

Il leur a fait signer un "acte d'engagement" en sept points, en commençant par l'essentiel: "Nous réaffirmons notre fidélité et notre loyauté à son excellence Joseph Kabila Kabange, président de la République honoraire".

Les membres de la coalition pro-Kabila se déclarent "membres de la Majorité parlementaire FCC, au sein tant de l'Assemblée nationale que des Assemblées provinciales".

En conséquence, ils décident de transformer le FCC, à l'origine une "coalition électorale", en "plate-forme politique de gouvernement".

Le FCC doit s'organiser comme une "coalition de gouvernement", insistent les amis de M. Kabila.

Est-ce à dire que les pro-Kabila reviennent sur l'accord qu'ils négocient avec les pro-Tshisekedi pour un partage du pouvoir?

En aucun cas, affirment-ils.

"Je pense qu'aussi bien  le chef du FCC (Kabila) que le président Félix Tshisekedi ont misé sur une coalition", a déclaré le (toujours) porte-parole du gouvernement et du FCC Lambert Mende.

Il existe "une proximité idéologique" entre MM. Kabila et Tshisekedi, tous deux "socio-démocrates", avance M. Mende, cité par le site d'information Actualité.cd.

- Éviter les débauchages -

"Maintenant, l'accord conclu par le Raïs (Kabila) avec Tshisekedi et sa coalition électorale Cach (Cap pour le changement) peut donner lieu à une vraie coalition majoritaire au parlement", abonde un autre proche de l'ancien président Kabila.

M. Kabila a senti le besoin de remettre de l'ordre dans sa famille politique pour éviter des débauchages, avance un participant.

"Pendant les cinq prochaines années, aucune transhumance ou débauchage des 342 députés que compte désormais le FCC ne sera possible", décrypte-t-il, joint par l'AFP.

"L'acte d'engagement est déjà notarié", a-t-il ajouté.

L'ancien et l'actuel président congolais se sont rencontrés dimanche pour la première fois depuis l'investiture de M. Tshisekedi le 24 janvier.

Des sources proches des deux personnalités ont confirmé à l'AFP que MM. Kabila et Tshisekedi avaient abordé la question de "la mise en place d'une coalition" politique en vue de la formation du gouvernement qui permettrait de gérer "ensemble" le pays.

Samedi, les partisans de Joseph Kabila avaient proposé au nouveau chef de l'État "un partenariat responsable" pour la gestion du pays.

Les pro-Kabila revendiquent désormais 342 des 485 sièges à l'Assemblée (15 députés doivent encore être élus lors d'élections partielles le 31 mars).

L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti historique d'opposition du président Tshisekedi, ne compte que 32 députés dans la future Assemblée nationale.

Au pouvoir pendant 18 ans, M. Kabila a renoncé à briguer un troisième mandat interdit par la Constitution, tout en restant au pouvoir deux ans après la fin de son dernier mandat en décembre 2016. 

Son "dauphin" à l'élection présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary, est officiellement arrivé troisième de l'élection de décembre 2018.

Cette première passation est contestée par l'autre candidat de l'opposition Martin Fayulu qui revendique la victoire et dénonce des résultats "fabriqués" par la Commission électorale.

AFP

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