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Nigeria : l'opposition se plaint des coups tordus du président et du parti au pouvoir

Le président du Nigeria et le parti au pouvoir ont été accusés samedi de coups tordus visant à nuire au soutien des Nigérians à l'opposition, à une semaine du scrutin dans le pays le plus peuplé du continent africain.

Le principal parti d'opposition, le Parti populaire démocratique (PDP), avait prévu de tenir un meeting géant à Abuja, mais il a annoncé en avoir été empêché alors qu'il avait payé pour sa tenue et avait obtenu toutes les autorisations nécessaires.

Ce parti, qui en fait porter la responsabilité au président Muhammedu Buhari et à son Congrès des progressistes (APC, au pouvoir), a parlé de décision "provocatrice" et d'un signe de "désespoir".

De leur côté, le président Buhari et des hauts responsables de l'APC ont pris la parole devant des dizaines de milliers de partisans rassemblés à Lagos, la capitale économique, au cours de l'un des derniers grands meetings de la campagne avant le scrutin du 16 février.

M. Buhari, 76 ans souhaite obtenir un second mandat de quatre ans, et Atiku Abubakar (PDP), 72 ans, espère finalement accéder à la présidence après quatre autres tentatives.

Les candidats affichent et partagent les photos de foule sur les réseaux sociaux avec fierté, dans une bataille électorale féroce, qui a poussé le quotidien national The Punch à titrer vendredi : "PDP, APC: 'Ma foule est plus grosse que la tienne'".

En réalité, pour de nombreux experts et observateurs, les records historiques de participation aux meetings politiques sont davantage le symbole du ralentissement économique et de la pauvreté ambiante que d'un sursaut soudain de popularité pour ces deux candidats, qui ne sont pas particulièrement populaires ni charismatiques. 

84 millions de Nigérians sont inscrits sur les listes électorales, un record: 18% de plus qu'en 2015, année pendant laquelle M. Buhari était devenu le premier candidat d'opposition à battre un président sortant.

Buhari avait obtenu un peu moins de 54% des suffrages, battant Goodluck Jonathan (PDP).

Cette année, les deux candidats principaux sont tous deux Haoussas musulmans. "Cette fois, les résultats des élections ne seront pas liés à une religion ou une ethnie", relève Tanko Yakasi, ancien homme politique de 93 ans, mémoire vive de Kano (ville du nord)  et du Nigeria post-colonial. "Il n'y aura pas de sectarisme ou de tribalisme. Ce sera très serré ou Atiku pourrait l'emporter".

AFP

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