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Côte d'Ivoire: le nouveau parti présidentiel tient son premier congrès

A moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle en Côte d'Ivoire, le nouveau "parti unifié" du chef de l'Etat Alassane Ouattara a entamé son premier congrès vendredi à Abidjan, mais sans son ancien et principal allié passé dans l'opposition.

Plusieurs milliers de militants se sont réunis au palais des sports de Treichville, une commune populaire d'Abidjan, pour ce qui constitue le véritable lancement du nouveau parti, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), que ses dirigeants avaient mis sur pied lors d'un "congrès constitutif" en juillet 2018.

"C'est un jour historique pour les enfants de Félix Houphouët-Boigny", a déclaré dans son allocution d'ouverture Henriette Dagri Diabaté, première vice-présidente du RHDP, a rapporté un journaliste de l'AFP.

L'objectif est "une victoire éclatante en 2020", à l'élection présidentielle, a lancé le ministre de l'Equipement Amédé Kouakou, devant le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly et de nombreux ministres et cadres du nouveau mouvement.

Ce nouveau "parti unifié" voulu par le président ivoirien Alassane Ouattara rassemble sa formation, le Rassemblement des Républicains (RDR), l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI - six députés), et des personnalités d'autres partis.

Mais le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), dirigé par l'ancien président Henri Konan Bédié (1993-99) a refusé de s'y joindre, provoquant un divorce houleux depuis cinq mois. De nombreux cadres du PDCI ont cependant adhéré au RHDP, ou le soutiennent, notamment la quasi-totalité des ministres issus de ce parti.

- Une fusion ratée -

"Le mouvement est lancé", "on y croit pour 2020", a déclaré à l'AFP Solange Bogui, une militante RHDP venant de Jacqueville (60 km à l'ouest d'Abidjan). "Moi je suis PDCI, je suis pour le rassemblement, mais on a un petit fond d'amertume" du fait de la rupture, confie-t-elle.

Pour Youssouf Koné, militant RDR venu de Hiré (centre), "l'union fait la force !" "Inch'Allah je crois à la victoire en 2020".

Les congressistes portaient quasiment tous de la tête aux pieds des vêtements aux couleurs du parti spécialement confectionnés pour l'occasion: orange, vert et blanc (les couleurs du drapeau ivoirien), siglés RHDP, avec en médaillon photo un montage des portraits d'Alassane Ouattara et de Félix Houphouët-Boigny.

Le journal du congrès tiré pour l'occasion titrait "Houphouët-Boigny renaît", "L'heure du rassemblement a sonné", avec en Une une vieille photo du père de l'indépendance et premier président ivoirien (1960-1993), en compagnie de son dernier Premier ministre, Alassane Ouattara.

Le PDCI (ex-parti unique fondé en 1946 par Félix Houphouët-Boigny) et le RDR (né d'une scission en 1993) ont été alliés pendant 13 ans, de 2005 à 2018, et ont gouverné ensemble à partir de l'élection d'Alassane Ouattara en 2011. Tous deux revendiquent l'héritage d'Houphouët-Boigny, toujours un totem national 25 ans après sa mort.

Le PDCI a claqué la porte de la coalition en août dernier, refusant une fusion des deux mouvements dans des conditions qu'il estimait défavorables. Le RDR refusait notamment de soutenir un candidat PDCI à la présidentielle de 2020, alors que le PDCI avait soutenu M. Ouattara en 2010 et 2015.

- "Plateforme" de l'opposition -

Depuis, les deux partis sont à couteaux tirés. Les élections municipales et régionales d'octobre et décembre, qui ont opposé des candidats PDCI et RDR dans plusieurs scrutins clés, ont été marquées par des violences et des accusations de fraude. Le PDCI accuse aussi le pouvoir de débaucher ses cadres, y compris par l'intimidation, en révoquant des hauts fonctionnaires qui résistent.

Le RHDP n'a pas réussi l'union qu'il espérait, mais "le PDCI est lui-même désuni", l'hypothèse d'une candidature présidentielle de M. Bédié (84 ans) ne faisant pas l'unanimité, estime le politologue Francis Akindes.

M. Bédié tente depuis quelques mois de fédérer autour du PDCI une "plateforme" de l'opposition. Il a entamé des négociations avec le Front populaire ivoirien, parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, et avec un homme clé de la scène politique, Guillaume Soro.

Laurent Gbagbo vient d'être acquitté par la Cour pénale internationale, après plusieurs années de procès pour son rôle présumé dans la crise post-électorale de 2010-11 (3.000 morts), et pourrait rentrer bientôt en Côte d'Ivoire.

Réputé en froid avec le chef de l'Etat, Guillaume Soro, président RDR de l'Assemblée nationale, ancien chef de la rébellion pro-Ouattara (2002-11), ne devrait pas assister demain à la deuxième journée du congrès du RHDP, que doit clôturer le président Ouattara, selon son entourage.

AFP

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