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RDC: la société civile du Nord-Kivu dénonce les attaques meurtrières de rebelles rwandais


Des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda en 2009 à Pinga, en RDC AFP/Archives Lionel Healing

La société civile de la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a dénoncé des attaques meurtrières lundi attribuées aux rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

"Les usagers de la route ont été victimes d'embuscades et de braquages sur divers tronçons au nord du territoire de Rutshuru. Ces actes attribués aux rebelles rwandais des FDLR ont fait de nombreux morts, des blessés", précise dans un communiqué l'avocat Omar Kavota, vice-président de la société civile du Nord-Kivu.

Le texte évoque deux embuscades lundi dans la région de Kanyabayonga. Lors de la première, des FDLR présumés ont "tiré en rafale sur les véhicules, ciblant les militaires" des Forces armées (FARDC) qui avaient été "embarqués à mi-chemin".

Le bilan: "quatre militaires (...) tués et trois autres blessés. Du côté des civils, une femme a trouvé la mort et deux autres ont été grièvement blessées. Les assaillants se sont repliés dans le parc" des Virunga, frontalier du Rwanda et de l'Ouganda.

Dans le deuxième braquage, le greffier de Kanyabayonga, Daniel Muhindo Kakoti, a reçu une balle dans la poitrine, et a succombé à ses blessures. Quatre autres personnes ont été blessées.

"Tous les passagers (ont été) dépouillés de leur argent, téléphones et biens de valeur après avoir été passé à tabac. Pendant leur opération, ils (les FDLR) tiraient en l'air pour semer terreur et désolation", poursuit le texte.

D'après Me Oscar Kavota, les FDLR cherchent à destabiliser et démoraliser l'armée qui affronte dans le Rutshuru, sur plusieurs fronts, des mutins issus de l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrée dans l'armée en 2009.

Le communiqué indique par ailleurs que les FDLR ont procédé dans la nuit de lundi à un "pillage de porte à porte" dans la localité de Kimaka, dans le territoire voisin de Lubero, et ont ravi "de l'argent, des téléphones, du bétail et autres biens de valeur".

La population a fui craignant une menace des FDLR de les tuer, indique le communiqué, qui souligne qu'à Kimaka "on déplore l'absence de la police et des FARDC" malgré "l'activisme des FDLR" dans la zone.

La Cour pénale internationale (CPI) a demandé lundi un mandat d'arrêt contre Sylvestre Mudacumura, "chef suprême" des FDLR. Selon le procureur Luis Moreno Ocampo, il est responsable de meurtres, viols, tortures, persécutions et attaques délibérées contre des civils, commis entre janvier 2009 et août 2010 dans les Nord et Sud Kivu.

Kigali recherche certains éléments des FDLR pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994 au Rwanda, qui avait fait 800.000 morts, surtout tutsi, selon l'ONU.

En RDC, ces rebelles sont régulièrement accusés de commettre des pillages, atrocités, viols et assassinats, contre les civils.