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Madagascar: démission du chef de gouvernement, premier pas vers une sortie de crise

Le chef du gouvernement malgache Olivier Mahafaly Solonandrasana a annoncé lundi sa démission sur requête de la justice, ouvrant la voie à la nomination d'un "Premier ministre de consensus" pour tenter de sortir le pays de la crise politique.

"Je vais remettre ma démission au Président de la République aujourd'hui. En tant qu'homme d'État, je ne vais pas me présenter comme un obstacle à la vie de la nation", a déclaré Olivier Mahafaly Solonandrasana lors d'un point de presse dans la capitale Antananarivo.

"J'accepte volontiers et avec joie de démissionner. Je n'ai rien à regretter aujourd'hui et je peux partir la tête haute (...) Je vais partir de ce palais magnifique, je vous dis +Ce n'est qu'un au revoir+", a-t-il ajouté, sibyllin.

Un nouveau Premier ministre sera nommé dans "les sept jours", selon le service de presse de la présidence.

Depuis fin avril, l'opposition manifeste quotidiennement à Madagascar, Grande Ile à l'histoire politique mouvementée. Partie du rejet par l'opposition des nouvelles lois électorales, la crise actuelle a dégénéré en vaste fronde contre le chef de l'Etat Hery Rajaonarimampianina, qui a jusqu'à présent refusé de plier.

Pour tenter de sortir de l'impasse, la Haute Cour constitutionnelle (HCC), la plus haute juridiction du pays, a ordonné le 1er juin "la cessation de fonction du Premier ministre et du gouvernement (...) le 5 juin 2018 au plus tard".

Le nouveau chef de gouvernement "de consensus" doit être nommé au plus tard le 12 juin, selon le calendrier fixé par la Haute Cour constitutionnelle, et composer une équipe qui doit refléter les résultats des élections législatives de 2013.

Et c'est là que le bât blesse, car le régime et ses adversaires revendiquent tous les deux la majorité de l'Assemblée nationale où de nombreux élus ont changé de camp depuis cinq ans.

La démission d'Olivier Mahafaly Solonandrasana est "la suite logique de la résolution de la crise actuelle. Maintenant, il faut nommer un nouveau Premier ministre parmi les 73 députés" de l'opposition, a réagi à l'AFP Jean-Brunelle Razafitsiandraofa, député du Mapar, le principal parti d'opposition.

- Premier ministre neutre -

"Je ne crois pas à l'existence d'un Premier ministre neutre. Il ne faut pas aller chercher midi à 14 heures", a-t-il estimé, rejetant une proposition du parti présidentiel HVM.

Le chef de cette formation, Rivo Rakotovao, a toutefois réitéré lundi sa "demande d'un Premier ministre neutre qui n'obéit ni à l'un, ni à l'autre" et salué la démission du Premier ministre, qui s'inscrit "pleinement dans l'exécution de l'accord politique".

La semaine dernière, l'opposition a proposé trois noms de députés Premier ministrables, mais ils ont tous été rejetés par le président, a affirmé l'opposition.

Tous ces élus font partie du parti Mapar, dirigé par l'ancien président Andry Rajoelina.

L'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE) et les Nations unies sont rapidement intervenues au chevet de Madagascar pour essayer de résoudre cette énième crise. Mais elles ont jusqu'à présent échoué, tout comme la médiation nationale.

La semaine dernière, le chef de l'Etat et les dirigeants de l'opposition ont ainsi boudé une réunion organisée par le Conseil national pour la réconciliation.

Alors que la crise s'éternise, le ministre de la Défense Béni Xavier Rasolofonirina a menacé jeudi de faire intervenir les forces de l'ordre si le gouvernement et l'opposition ne trouvaient pas rapidement une porte de sortie "dans les délais imposés par la Haute Cour constitutionnelle".

Depuis le début de la fronde, deux personnes ont été tuées, au tout premier jour des rassemblements sur la place du 13-Mai à Antananarivo, haut lieu historique de la contestation. Les manifestations sont depuis restées pacifiques.

La crise a éclaté à quelques mois des élections générales. Elles étaient prévues en novembre et décembre, mais la HCC a imposé qu'elles se déroulent dès la "saison sèche", c'est-à-dire entre mai et septembre prochains.

Le président Rajaonarimampianina, élu fin 2013, n'a pas annoncé s'il comptait se représenter pour un autre mandat.

En revanche, les deux principaux chefs de l'opposition - Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014 - ont déjà laissé entendre qu'ils étaient prêts à se lancer dans la bataille.

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