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Le gouvernement togolais "pas concerné" par l'affaire Bolloré

Le gouvernement togolais ne se sent "pas concerné" par l'affaire judiciaire en cours en France contre l'homme d'affaires français Vincent Bolloré, mis en examen pour corruption présumée dans une enquête sur les conditions de l'attribution de concessions portuaires en Guinée et au Togo, a déclaré jeudi un ministre togolais.

"L'Etat togolais n'a aucun élément fiable du dossier qui est en cours en France. Nous n'avons pas à prendre d'engagement particulier, nous n'avons pas à donner d'assurance quelconque, parce que nous ne nous sentons pas concernés", a déclaré Gilbert Bawara, ministre de la Fonction publique sur une radio privée locale. 

D'autre part, il a ajouté qu'il était "ridicule et même scandaleux, voire même un peu condescendant d'imaginer qu'(...) une agence de communication pourrait avoir une influence quelconque sur une élection présidentielle dans un Etat africain".

Les juges soupçonnent le groupe Bolloré d'avoir sous-évalué le coût des activités de conseil politique de sa filiale Havas pour les chefs d'Etat togolais et guinéen afin de décrocher la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV. 

De son côté, Jean-Pierre Fabre, chef de file de l'opposition et meneur d'une très forte contestation populaire qui agite le Togo depuis plus de neuf mois, a déclaré que cette affaire était "l'illustration abjecte de la mal gouvernance politique et économique" dans le pays. 

Nathanaël Olympio, président du Parti des Togolais, un parti de l'opposition, avait quant à lui déploré que "cette affaire ne soit pas traitée au Togo". "L'éthique et la déontologie ont déserté la pratique judiciaire au Togo depuis bien longtemps et ce n'est pas surprenant que beaucoup d'affaires ici au Togo sont toujours traitées dans l'intérêt de l'exécutif", a-t-il confié à l'AFP. 

La politique togolaise est paralysée par les mouvements de protestation populaires et par un dialogue entre le gouvernement et l'opposition quasiment au point mort.

L'opposition réclame la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, pour empêcher Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 et qui a succédé à son père, le général Gnassingbé Enyadéma (38 années de pouvoir) de se représenter aux scrutins de 2020 et 2025. 

Le ministre guinéen de la Justice, Cheick Sako, avait déclaré de son côté la semaine dernière que son pays coopérerait à l'enquête ouverte en France contre Vincent Bolloré.

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