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Maroc: la colère gronde

Les meneurs du mouvement de contestation sociale qui agite depuis fin décembre l'ancienne ville minière de Jerada, dans le nord-est du Maroc, ont appelé lundi à manifester et à suivre une grève générale, après une série d'arrestations. 

Deux jeunes activistes ont été arrêtés samedi à Jerada, et deux autres ont été appréhendés dimanche, a dit lundi à l'AFP une source associative locale ayant requis l'anonymat.  

Pour protester contre ces arrestations, les premières depuis le début du mouvement, des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Jerada selon les manifestants, entre 600 et 700 selon les autorités locales. Des manifestants ont marché une cinquantaine de kilomètres vers une localité voisine. 

Les autorités locales, jointes par l'AFP, ont assuré que ces arrestations n'avaient pas de lien avec le mouvement de contestation. "Trois sont impliqués dans un accident en état d'ébriété et délit de fuite", le quatrième a été arrêté pour "violation d'un établissement public causant des dégâts matériels".  

Les leaders du mouvement ont par ailleurs appelé à une grève générale lundi et mardi. Des rassemblements ont également été programmés les mêmes jours, a précisé à l'AFP la source associative locale.

"La situation s'est tendue", a ajouté cette source, faisant état d'un "sentiment de colère" chez les habitants et d'une "présence policière massive". 

Sinistrée depuis la fermeture d'une importante mine à la fin des années 1990, l'ancienne cité minière vit au rythme des manifestations pacifiques à la suite de la mort accidentelle, fin décembre, de deux mineurs dans un puits clandestin d'extraction de charbon. 

Brandissant des nuées de drapeaux marocains, les manifestants dénoncent l'"abandon" de leur ville et réclament une "alternative économique" à ces "mines de la mort", dans lesquelles des centaines de mineurs risquent quotidiennement leur vie.

Après une accalmie liée à des mesures annoncées par le gouvernement marocain pour relancer l'emploi dans la région, les manifestations ont repris fin février, certains jugeant ces mesures insuffisantes. 

Les autorités marocaines avaient jusqu'ici opté pour un "dialogue ouvert" afin d'apaiser les tensions. 

Des observateurs estiment que les récentes arrestations pourraient aggraver la crise, comme ce fut le cas dans la région voisine du Rif, agitée l'an dernier par des manifestations. Les autorités y ont arrêté plus de 450 personnes dans une "approche sécuritaire" largement critiquée par les associations des droits de l'Homme.  

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