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Cameroun: un responsable administratif enlevé dans le nord-ouest anglophone

Un responsable administratif a été enlevé samedi à Batibo, dans le nord-ouest anglophone du Cameroun, où un sous-préfet avait déjà été kidnappé le 11 février, ont annoncé lundi des médias d'Etat.

"Le délégué régional des Affaires sociales (plus haut responsable régional de ce ministère) pour la région du Nord-Ouest est introuvable depuis samedi. Il a été enlevé à bord de son véhicule de service dans la localité de Batibo par des individus armés", a rapporté la Cameroon radio television (CRTV).

Les autorités préfectorales ont confirmé le rapt à la CRTV et indiqué que le véhicule de ce responsable administratif avait été retrouvé calciné.

Le rapt a été revendiqué sur les réseaux sociaux par l'Ambazonia Defense Forces (ADF), un des principaux groupes armés séparatiste anglophone, mené par Lucas Cho Ayaba, un ancien syndicaliste étudiant des années 1990 reconverti dans la lutte armée.

Enlevé le 11 février, le sous-préfet de Batibo restait introuvable lundi. "Les recherches se poursuivent avec les forces de l'ordre et de sécurité" pour retrouver les deux responsables, a assuré la CRTV.

La situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, en proie à une grave crise socio-politique, s'est considérablement dégradée depuis que 47 séparatistes, dont leur leader Sisiku Ayuk Tabe, ont été extradés au Cameroun, après leur arrestation au Nigeria.

Outre l'assassinat de militaires et policiers, les séparatistes semblent désormais engagés dans l'enlèvement de représentants de l'Etat. Ils avaient déjà menacé d'attaquer les entreprises françaises situées en zone anglophone.

Jeudi, le découpage militaire du Cameroun a été modifié par décret présidentiel, avec la création d'une cinquième "région militaire" dans l'Ouest du pays, basée à Bamenda.

De source sécuritaire, cette réorganisation s'inscrit dans la même logique qu'au début de la lutte contre le groupe jihadiste Boko Haram en 2014, dans le nord du pays, quand Yaoundé avait créé une "région militaire" à Maroua.

Vendredi, à l'issue d'un entretien avec Paul Biya, l'ambassadeur de France Gilles Thibault a "fortement déconseillé l'exacerbation de la violence entre les parties" prenantes du conflit de basse intensité qui oppose depuis plusieurs mois l'armée et les séparatistes anglophones dans les deux régions anglophones du pays.