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Des forces antiterroristes marocaines le 14 septembre 2016 à Rabat. FADEL SENNA / AFP
Des forces antiterroristes marocaines le 14 septembre 2016 à Rabat. FADEL SENNA / AFP

Le Maroc confronté au retour de centaines de djihadistes sur son sol

Des centaines de ressortissants marocains qui ont rejoint Daech en Syrie et en Irak désertent aujourd'hui les rangs du groupe terroriste.

L'Etat islamique est en grande difficulté dans ses fiefs en Syrie et en Irak. Le groupe est encerclé à Mossoul, sa capitale irakienne, et perd progressivement du terrain en Syrie face aux troupes gouvernementales et aux Kurdes. Conséquence, de nombreux djihadistes étrangers fuient les rangs du groupe terroriste et prennent le chemin du retour. Un scénario qui inquiète de nombreux pays, dont le Maroc qui a vu plusieurs centaines de ses ressortissants rejoindre Daech. 

À lire aussi: Mauvaise nouvelle, l'Etat islamique s'implante maintenant en Somalie

En 2015, le Centre international des études de la radicalisation estimait ainsi à 1.500 le nombre de Marocains ayant rejoint l'Etat islamique, comme nous l'expliquions ici. Des combattants qui représentent désormais un fort risque sécuritaire pour le royaume. 

Plusieurs cellules démantelées

Selon le magazine marocain Telquel, environ 500 djihadistes marocains seraient encore en vie et actifs sur les fronts et «un bon nombre d'entre eux souhaitent rentrer au Maroc». Un combattant qui opère à Alep a même confié à Telquel, «qu'il y a des défections au sein de Daech et que certains émirs n'obéissent plus aux ordres de l'autorité suprême. En plus, les combattants marocains les plus connus sont tous morts»

À lire sur Slate.fr: Le cœur du terrorisme international bat au nord du Maroc

D’après le Bureau central d’investigations judiciaires  marocain, 98 déserteurs marocains étaient rentrés au bercail au mois d'octobre. Un chiffre qui donne évidemment des sueurs froides aux forces de sécurité marocaines. Le 1er décembre, une cellule terroriste de huit personnes en lien avec l'Etat islamique, selon la Direction générale de la surveillance du territoire, a été démantelée dans les villes de Fès et Tanger

Une série d'arrestations qui est loin d'être une première. Le 3 octobre, c'est une cellule terroriste de 10 femmes liées à l'organisation djihadiste qui avait été démantelée dans de nombreuses villes, dont Tanger, Salé ou Sidi Taibi. Plus tôt, en juillet, 52 personnes avaient également été placées en garde en vue, selon les autorités marocaines.

Une menace identifiée

Depuis l'attentat du 28 avril 2011 à Marrakech, le Maroc n'a plus été touché par une attaque terroriste de grande ampleur, contrairement à la Tunisie voisine. L'efficacité des services de renseignement locaux et la lutte contre la radicalisation religieuse menée par l'Etat en coopération avec les mosquées est saluée par de nombreux observateurs. 

«La police marocaine est l’une de celles qui, dans le monde arabe, mène la répression la plus féroce contre les cellules et réseaux islamistes régulièrement démantelés et contre les militants djihadistes qui rentrent du "front" ou aspirent à le rejoindre. Le Maroc a subi de douloureux attentats, comme celui de 2003 à Casablanca. La menace islamiste y est donc clairement identifiée et combattue et le roi veut désamorcer toutes les velléités de violence et de départ pour le djihad, dans sa population marocaine d’origine ou de nationalité, imputables surtout au déficit de connaissances religieuses», analysait le journaliste Henri Tincq sur Slate.fr le 9 septembre 2016

Les forces de sécurité marocaines savent cependant que le plus dur est sûrement à venir avec l'explosion prévisible de l'Etat islamique en Syrie et en Irak, mais aussi à Syrte en Libye. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

Ses derniers articles: Le roi du Maroc accusé d'avoir ignoré des preuves de violences policières dans le Rif  Un fossile de dinosaure marocain découvert... sur Facebook  L'élection présidentielle annulée au Kenya, une avancée pour le continent 

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