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Burundi: le parquet fait appel dans le procès du putsch avorté des 13 et 14 mai

Le ministère public a fait appel du verdict rendu dans le procès de la tentative de coup d'Etat des 13 et 14 mai 2015 au Burundi, réclamant la condamnation de l'ensemble des 34 accusés, selon un communiqué du parquet burundais parvenu mercredi à l'AFP.

Pour la première fois, le parquet a rendu public dans ce communiqué la liste exhaustive de 34 personnalités - leaders d'opposition, figures de la société civile et représentants de médias indépendants - opposées au troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza, qui ne sont pas concernées par ce procès mais qu'il poursuit pour leur implication présumée dans la tentative de coup d'Etat.

La cour suprême du Burundi avait condamné le 15 janvier quatre généraux à la prison à vie pour avoir organisé la tentative de putsch, neuf officiers à 30 ans de prison pour y avoir pris part, huit hommes de troupe à 5 ans, et acquitté sept personnes.

Le ministère public, qui avait requis la prison à vie - peine maximale - pour les 28 soldats et policiers poursuivis dans ce dossier, s'est déclaré "non satisfait de l'arrêt rendu par le premier juge" et  "interjeté appel" devant la section d'appel de la chambre judiciaire de la cour suprême, selon un communiqué de sa porte-parole, Agnès Bangiricenge.

Le Burundi a plongé fin avril dans une grave crise émaillée de violences, à l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, contraire selon ses adversaires à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006).

Le 13 mai, après plus de deux semaines de manifestations interdites et sévèrement réprimées par la police, le général Godefroid Niyombare, ancien patron des services de renseignement, avait annoncé la destitution du chef de l'Etat, en déplacement à l'étranger.

Après 48 heures d'incertitude, le coup s'était soldé par un échec et la reddition d'au moins trois des meneurs, dont le général Cyrille Ndayirukiye, et la fuite de nombreux autres, dont le général Niyombare.

Les principaux accusés, dont le général Ndayirukiye, ancien ministre de la défense et n°2 des mutins, avaient dénoncé un procès inique, reprochant à la Cour d'avoir récusé les avocats qu'ils avaient choisis et refusé la comparution de plusieurs hauts gradés qu'ils réclamaient.

AFP

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