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Zimbabwe: trois journalistes arrêtés pour un article sur le braconnage d'éléphants

Trois journalistes zimbabwéens ont été arrêtés pour avoir mis en cause des policiers et des responsables de parcs nationaux dans l'empoisonnement d'au moins 60 éléphants à des fins de braconnage, a indiqué mardi la police.

"Ils sont accusés d'avoir publié ou communiqué de fausses informations préjudiciables à l'Etat", a déclaré la porte-parole de la police, Charity Charamba, lors d'une conférence de presse à Harare.

Les trois hommes, le rédacteur en chef du Sunday Mail, Mabasa Sasa, le responsable des enquêtes de l'hebdomadaire Brian Chitemba et un reporter du journal Tinashe Farawo, ont été arrêtés lundi soir et sont détenus au commissariat central d'Harare.

Le Sunday Mail avait affirmé dimanche qu'un policier de haut rang ainsi que plusieurs de ses hommes faisaient l'objet d'une enquête, de même que plusieurs officiers des parcs nationaux et un homme d'affaires asiatique, pour l'empoisonnement d'au moins 60 éléphants dans plusieurs incidents séparés.

Mme Charamba a démenti que des officiers de police soient visés par une enquête interne, et a fustigé les journalistes: "On ne peut pas autoriser le rédacteur en chef et les reporters du Sunday Mail à se cacher derrière les privilèges du journalisme pour répandre des informations fausses", a-t-elle dit, appelant tous les journalistes à mieux "vérifier les informations sensibles".

Loughty Dube, directeur de l'organisation non gouvernementale Voluntary Media Council of Zimbabwe (Conseil bénévole des médias du Zimbabwe), a dénoncé ces arrestations: "C'est barbare dans une démocratie. C'est une violation de la Constitution, qui garantit la liberté d'expression", a-t-il dit à l'AFP.

L'empoisonnement des points d'eau est une façon de tuer les éléphants pour ensuite prélever leurs défenses, revendues essentiellement sur le marché chinois pour fabriquer des objets d'art en ivoire.

Le braconnage d'éléphants dans les parcs du Zimbabwe devient de plus en plus fréquent, et des employés des parcs ont déjà été arrêtés pour complicité.

Sur le continent africain, environ 30.000 éléphants sont massacrés chaque année, alors qu'il n'en reste qu'environ 470.000 en liberté, selon le dernier décompte de l'association Eléphants sans frontière.

AFP

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