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Soudan du Sud: sous les menaces, un pilier du journalisme jette l'éponge

Le très réputé journaliste sud-soudanais Nhial Bol, qui avait lancé le premier quotidien indépendant du Soudan du Sud, a renoncé au journalisme en raison des menaces qui pèsent sur lui, a annoncé jeudi la presse locale.

Nhial Bol, éditeur du quotidien The Citizen et de sa chaîne de télévision - fermés par les forces de l'ordre sud-soudanaises début août -, avait été parmi les premiers fervents supporters de l'indépendance du Soudan du Sud en 2011.

Il avait aussi été par la suite un des plus grands détracteurs de la guerre civile qui ensanglante le plus jeune Etat du monde depuis décembre 2013, renvoyant dos-à-dos les deux protagonistes de la guerre, le président Salva Kiir et son ancien numéro deux Riek Machar.

"J'ai tout enduré à cause du rêve que j'avais. Mais maintenant le rêve est mort, et j'ai choisi d'arrêter", a expliqué Nhial Bol au quotidien Sudan Tribune.

"Ma sécurité est menacée", a-t-il affirmé.

"C'est un choix difficile, mais j'ai décidé d'arrêter après avoir conclu avec ma famille qu'il fallait le faire pour des raisons de sécurité", a-t-il ajouté. 

Journaliste respecté pour son indépendance, Nhial Bol avait été arrêté et emprisonné à de multiples reprises au Soudan, avant l'indépendance. 

Pour contourner la censure soudanaise, il avait notamment importé d'Europe une rotative qui lui avait permis de sortir ses premières éditions en janvier 2011 pour le référendum qui devait déboucher six mois plus tard sur l'indépendance du Soudan du Sud.

Sept journalistes ont été tués au Soudan du Sud depuis le début de l'année. 

Le dernier en date, Peter Moi, du quotidien New Nation, avait été abattu par balles par des inconnus le 19 août à Juba par des inconnus quelques jours après que le président Kiir eut menacé de "tuer" les journalistes "travaillant contre le pays". 

La guerre civile au Soudan du Sud a commencé en décembre 2013 avec la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar. Le conflit, marqué par des massacres et des atrocités, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé quelque 2,2 millions de Sud-Soudanais de leurs foyers.

Les deux parties s'accusent mutuellement de violer un nouveau cessez-le-feu signé fin août sous pression de la communauté internationale.

AFP

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