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Liberia: l'ex-chef de guerre Johnson veut 30% du gouvernement pour soutenir la présidente au 2e tour


La président du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf (C) rencontre ses partisans, le 15 octobre 2011 à Monrovia AFP/Archives Glenna Gordon

L'ex-chef de guerre Prince Johnson, arrivé 3e au premier tour de la présidentielle au Liberia, a affirmé mercredi avoir réclamé 30% du gouvernement en contrepartie de son soutien, pour le second tour, à la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf, Nobel de la paix.

"Je suis venu vous dire que j'ai décidé de soutenir le Parti de l'unité (UP) de la présidente Ellen Johnson Sirleaf", arrivée en tête au premier tour devant l'opposant Winston Tubman, a déclaré Prince Yormie Johnson devant des sympathisants à Ganta, ville du comté de Nimba dont il est le sénateur.

"Ma condition pour soutenir l'UP est que je dois avoir 30% du gouvernement si le parti remporte" le second tour de la présidentielle, des législatives et des sénatoriales prévu le 8 novembre, a-t-il affirmé.

A Sanniquellie, à environ 25 km de Ganta, il a aussi déclaré: "Je suis venu vous informer de ma décision de soutenir Mme Ellen Johnson Sirleaf pour le second tour", indiquant que son colistier pour la vice-présidence, James Supuwood, était au même moment "en négociations à Monrovia avec des responsables de l'UP".

"Nous demandons 30% du gouvernement si l'UP remporte l'élection", a-t-il dit.

Il a expliqué avoir privilégié une alliance l'UP parce que le Congrès pour le changement démocratique (CDC) de M. Tubman souhaite que soient jugés tous ceux qui ont commis des crimes pendant les guerres civiles au Liberia, ayant fait quelque 250.000 morts de 1989 à 2003.

"Cela veut simplement dire que si le CDC gagne les élections, il fera appliquer pleinement les recommandations" de la Commission vérité et réconciliation (TRC) sur les crimes commis pendant ces guerres, alors que "la présidente Sirleaf a été citée comme moi, donc je me sens plus en sécurité de ce côté", a-t-il dit.

Prince Johnson a été un chef de milice qui s'est rendu tristement célèbre, notamment, pour s'être laissé filmer en 1990 savourant une bière pendant que ses hommes torturaient à mort le président Samuel Doe. Il avait lui-même découpé un morceau d'une oreille de M. Doe.

Ellen Johnson Sirleaf, qui a reçu le prix Nobel de la paix quatre jours avant le premier tour de la présidentielle du 11 octobre, a également été citée dans le rapport de la TRC comme l'une des personnes ne devant pas occuper de postes officiels pendant 30 ans. Il lui est reproché d'avoir soutenu financièrement à ses débuts l'ancien chef de guerre Charles Taylor, président de 1997 à 2003.

Les recommandations de la TRC n'ont jamais été votées par le parlement, donc jamais appliquées.