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Un militant de l'ANC, Johannesburg, mai 2012 / REUTERS
Un militant de l'ANC, Johannesburg, mai 2012 / REUTERS

Il faut diluer le pouvoir de l'ANC

Le parti historique restera majoritaire, à l'issue du scrutin du mercredi 7 mai. Pourtant, il est important qu'il ait moins de pouvoir.

Les Sud-Africains votent mercredi 7 mai. Ce scrutin doit permettre de renouveler le Parlement, lequel devra ensuite désigner la personne qui dirigera le pays.

Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, la campagne électorale cristallise les tensions et met au jour une forte contestation à l’égard de l’African National Congress (ANC), au pouvoir depuis 1994, et du président sortant, Jacob Zuma.

Le pays a, en effet, connu une série de manifestations dans les townships, au cours desquelles le gouvernement était critiqué pour son incapacité à résoudre la question de la pauvreté qui touche encore plusieurs millions de personnes en Afrique du Sud. Par ailleurs, plusieurs dirigeants de l’ANC et membres du gouvernement, dont Jacob Zuma lui-même, sont accusés de corruption.

Pourtant, comme le soulignait déjà un article de l’agence Reuters, en février dernier, «l'ANC, qui a obtenu près de deux tiers des voix lors du scrutin de 2009, devrait à nouveau réunir une majorité confortable bien qu'un mécontentement se fasse entendre à l'égard de l'organisation qui s'est historiquement opposée à l'apartheid».

Le site du Business Standard rappelle d’ailleurs les résultats d’un sondage qui donne au parti historique sud-africain près de 65% d’intentions de vote, loin devant son principal adversaire qu'est l’Alliance démocratique.

La victoire de l’ANC aux élections générales du 7 mai ne fait donc pas de doute. Encore moins la reconduction de Jacob Zuma à la présidence sud-africaine. Mais il ne s’agit en rien d’un satisfecit.

La véritable raison est que de nombreux Sud-Africains ont et continueront d’avoir avec l’ANC un attachement quasi-religieux, indissociable de celui qu’ils avaient pour leur icône Nelson Mandela. D’autre part, Jacob Zuma, tient d’une main de fer l’appareil du parti. Il s’est fait réélire à la tête de l’ANC en 2012 dans des circonstances un peu houleuses face à son vice-président Kgalema Motlanthe. L’hebdomadaire Jeune Afrique le considère d’ailleurs ni plus ni moins que comme un «fin manœuvrier».

Malgré tout, le site du quotidien Mail & Guardian fait savoir qu’il est plus qu’urgent de sortir de la nostalgie des Sud-Africains à l’égard de l’ANC. En quelques mots, le Mail & Guardian estime que dans la mesure où l’ANC va remporter le scrutin, l’enjeu est de diluer considérablement son pouvoir, en «dynamisant» davantage le vote pour l’opposition.

R.M.

Raoul Mbog

Raoul Mbog est journaliste à Slate Afrique. Il s'intéresse principalement aux thématiques liées aux mutations sociales et culturelles et aux questions d'identité et de genre en Afrique.

 

 

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