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Un soldat de l'opération française Sangaris / AFP
Un soldat de l'opération française Sangaris / AFP

Centrafrique: Sangaris doit changer son fusil d'épaule

La situation dans le pays ne s'améliore pas et l'intervention française patine.

L'opération française Sangaris semble enfin décidée à mettre hors d’état de nuire les principaux fauteurs de troubles en RCA. En tout cas, le message du chef de cette opération, le général Francisco Soriano, est on ne peut plus clair:

«Les anti-balaka sont les principaux ennemis de la paix et on ne doit pas les cantonner mais les chasser comme ce qu’ils sont, c’est-à-dire des hors-la-loi, des bandits.»

Même si le coordonnateur de la milice mise en cause, Edouard Patrice Ngaissona, qualifie les propos du général Francisco Soriano d’irresponsables, les faits sur le terrain lui donnent tort. Qu’on ne s’y trompe pas: les anti-balaka ne sont pas des libérateurs encore moins des patriotes. Ils ne sont que de simples bandits qu’il convient de châtier.

Obstacles à la paix

Combien de Centrafricains, notamment musulmans, ont fui et continuent de fuir le pays? Combien de familles ont été endeuillées par ces hommes sans foi ni loi? Ni l’appel de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza, ni les supplications de la société civile et des communautés religieuses centrafricaines, n’ont réussi à leur faire déposer machettes et fusils.

Certes, les anti-balaka ne sont pas les seuls à troubler la paix en RCA, car il y a aussi la Séléka dont certains éléments sèment la désolation. Mais les premiers sont actuellement les véritables obstacles à la paix. Pour se donner les chances d’endiguer un mal, il faut d’abord pouvoir bien le diagnostiquer et si l’opération Sangaris a identifié les anti-balaka comme les germes de l’insécurité, de la haine inter-religieuse, c’est qu’elle a suffisamment d’éléments de preuve.

A-t-on besoin d’ailleurs de consulter un charlatan pour savoir que les anti-balaka ont commis des massacres à grande échelle à Bangui? Cette barbarie n’a que trop duré et il est temps d’y mettre fin. Il est vraiment temps de siffler la fin de la recréation car les Centrafricains ont au plus vite besoin de retrouver la paix et la stabilité.

Mais il aurait été encore mieux que cette mise en cause formelle des anti-balaka vienne du gouvernement centrafricain, pour éviter que des individus de mauvaise foi n’accusent l’opération Sangaris d’avoir pris parti.

Prudence coupable

Certes, on comprend que les membres du gouvernement, face à la situation actuelle, se soient retenus de faire une telle déclaration de peur de subir le même sort que le parlementaire qui a été lâchement assassiné par les anti-balaka parce qu’il a eu le courage de dénoncer l’ampleur de la violence dans son pays. Mais l’opération Sangaris à elle seule peut-elle siffler la fin de la récréation en RCA?

Ces anti-balaka, dont le mentor n’est autre que l’ancien président François Bozizé, sont devenus une sorte de monstre immaîtrisable. La situation actuelle recommande que ce dernier, qui se la coule douce quelque part à l’étranger, sorte de son silence. On se rappelle qu’il avait, depuis son exil, appelé ses partisans à résister par tous les moyens et c’est malheureusement ce qu’ils sont en train de faire. Il serait donc bon qu’il ordonne à ces forces du mal d’arrêter cette violence, si tant est qu’il ait encore une emprise sur eux. Car, on le sait, ces derniers ont désormais des ambitions politiques. Du reste, le fait qu’ils sont dans le gouvernement, pourrait les amener à ne plus se plier aux injonctions de leur maître d’hier (...).

Dabadi Zoumbara

Cet article a d’abord été publié dans Le Pays

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