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Le tribunal d'Imbaba après l'explosion. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Le tribunal d'Imbaba après l'explosion. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Egypte: un référendum sous la chape de plomb des militaires

Le vote pour l'adoption d'une nouvelle Constitution s'est ouvert par un attentat à la bombe.

Le coup d’envoi du vote populaire sur la Constitution égyptienne a été donné à 7h40 heure locale, par l’explosion d’une charge devant le tribunal d’Imbaba dans le nord du Caire. Si aucune victime n’est à déplorer, cette nouvelle attaque, dont fait état le journal al-Ahram, témoigne de l’extrême tension qui règne dans le pays.

Alors que 53 millions d’Egyptiens sont appelés aux urnes, mardi 14 et mercredi 15 janvier 2014, pour se prononcer sur le texte élaboré par une commission de 50 personnalités censées représenter les différentes composantes de la société le 1er décembre 2013, le fossé qui sépare les partisans de l’armée et ses opposants apparaît d’une profondeur inégalée.  

Depuis que l’état-major s’est emparé du pouvoir, le 3 juillet 2013, au détriment du président élu Mohamed Morsi et de ses affidés, les contestataires ont été muselés par le gouvernement de transition dirigé par Hazem el-Beblawi et le général Abdelfatah al-Sissi. Qualifié d’«organisation terroriste», le parti des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, a annoncé qu’il boycotterait le référendum pour protester contre l’emprisonnement de plusieurs de ses membres et le procès, jugé inique, de leur chef de fil, prévu pour le 1er février 2014.

Le vote devrait prendre des allures de plébiscite pour le général al-Sissi qui a profité du déchirement des partis politiques pour s’imposer en recours. Al-Sissi qui occupe déjà le poste de vice-Premier ministre a clairement fait part de son intention de se présenter à l’élection présidentielle «s’il était mandaté par le peuple et l’armée». Preuve que les généraux ont réussi à imposer une chape de plomb sur le pays, le parti islamiste al-Nour a choisi de donner son agrément au texte en votant oui, même si ce dernier est plus pauvre en référence religieuse que celui des Frères musulmans qu’il rejetait. Une façon de donner quitus à l’armée.

«Si nous votons non, la Constitution sera approuvée avec un plus faible pourcentage, mais sera tout de même votée, et le parti al-Nour sera écarté de la feuille de route», a déclaré Nader Bakkar, porte-parole d’al-Nour, soucieux de conserver une place sur l’échiquier politique.

Alors qu’il avait initialement choisi de faire campagne pour le «non», le parti islamiste modéré Egypte Forte, a annoncé qu’il refusait finalement de prendre part au vote, réclamant la libération de 35 de ses membres, d'après The Guardian. Ces derniers jours, l’armée n’a pas hésité à mettre en détention plusieurs activistes qui appelaient à voter contre le projet de constitution, selon les informations recueillies par l’ONG Human Right Watch. L’espace public a été pris d’assaut par des affiches favorables au pouvoir, et les médias ont été abondamment abreuvés de messages exhortant à voter oui.

Lu sur The Guardian, Ahram et Human Right Watch

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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