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La justice égyptienne recommande la dissolution de l’organisation des Frères musulmans

Les nouvelles autorités égyptiennes semblent vouloir en finir avec les Frères musulmans au vu de la succession de mesures prises à l’encontre du mouvement islamiste.

La dernière mesure en date émane de la justice égyptienne qui a recommandé lundi la dissolution de l’organisation des Frères musulmans en tant qu’ONG.

Un tribunal doit se prononcer sur cette question le 12 novembre prochain. Cette affaire a pris naissance lorsque des adversaires de la confrérie ont réclamé sa dissolution après que l’organisation eut déposé ses statuts d’ONG, en mars dernier.

Médias interdits

Le même jour, la justice a ordonné la fermeture définitive de la chaîne islamiste Al-Hafez pour « atteinte à l’unité nationale » et incitation à la haine contre les chrétiens.

La diffusion d’Al-Hafez, ainsi que de plusieurs autres chaînes islamistes, avait été interrompue quelques heures après le renversement du président Mohamed Morsi.

La chaîne satellitaire Al-Jazira se trouve également dans la ligne de mire des nouvelles autorités.

Dimanche, trois journalistes indépendants étrangers travaillant pour la chaîne qatarie en anglais ont été expulsés d’Égypte, tandis que les locaux de son antenne égyptienne, Al-Jazira Mubasher Misr, ont été perquisitionnés à plusieurs reprises et du matériel y a été saisi.
Parallèlement à la procédure judiciaire contre les Frères musulmans, Mohamed Morsi est poursuivi par la justice sous l’accusation d’incitation et d’exercice à la violence.

En plus de Mohamed Morsi, le Parti de la Liberté et de la justice et la confrérie des Frères musulmans ont été pratiquement décapités puisque la plupart de leurs dirigeants se retrouvent actuellement en prison.

Officiellement interdite depuis 1954, l’organisation des Frères musulmans s’activait néanmoins de façon clandestine, avant d’être tolérée sans avoir toutefois de statut juridique.

Après la chute de l’ex-président Hosni Moubarak en 2011, les Frères musulmans ont créé un parti politique, le Parti de la liberté et de la justice, qui a remporté les élections présidentielles avec son candidat Mohamed Morsi, renversé le 3 juillet dernier suite aux énormes manifestations qui avaient appelé à sa chute.

La machine en marche

Par ailleurs, le gouvernement a désigné une nouvelle Assemblée constituante, où figurent deux islamistes, qui disposera de 60 jours pour réviser la Constitution adoptée l’an dernier par l’Assemblée constituante dominée avant sa dissolution par les islamistes.

Selon des fuites dans la presse égyptienne, le nouveau texte constitutionnel préserve le statut privilégié de l’armée, qui n’est pas soumise au contrôle des pouvoirs civils.

Par ailleurs, le nouveau texte supprimerait l’article interdisant aux fonctionnaires de l’époque Moubarak d’assumer des responsabilités publiques.

Mohamed Morsi et complices seront jugés

L’ancien président égyptien l’islamiste Mohamed Morsi, destitué et arrêté par l’armée le 3 juillet, sera jugé avec 14 autres responsables et membres des Frères musulmans pour « incitation au meurtre », a annoncé le Parquet dans un communiqué sans donner de date pour ce procès. Le président déchu devra répondre de la mort d’au moins sept manifestants le 5 décembre 2012 lors de grands rassemblements l’accusant de vouloir islamiser la législation du plus peuplé des pays arabes après la publication d’un décret constitutionnel. Des heurts avaient éclaté entre partisans et opposants de Mohamed Morsi, aujourd’hui accusé d’ »incitation au meurtre et à la violence ».

Parmi les 14 co-accusés de Mohamed Morsi figurent Essam al-Ariane, numéro 2 du parti de la Liberté et de la justice ( PLJ ), bras politique des Frères musulmans, et Mohamed Beltagi, ancien parlementaire et l’un des derniers leaders de la confrérie de Mohamed Morsi arrêtés par les autorités jeudi dernier . Depuis la destitution de l’ancien chef de l’État puis la dispersion dans un bain de sang de ses partisans le 14 août au Caire, plus d’un millier de personnes, en majorité des pro-Morsi, ont été tuées et plus de 2 000 Frères musulmans ont été arrêtés, dont les principaux dirigeants.

Maintenu au secret depuis sa destitution, Mohamed Morsi était déjà en détention pour une affaire concernant son évasion de prison à la faveur de la révolte populaire qui avait renversé son prédécesseur Hosni Moubarak début 2011. Dans cette première affaire, les charges portent en particulier sur l’aide que lui aurait apportée le movement palestinien Hamas pour s’évader d’une prison où le régime Moubarak l’avait incarcéré début 2011, peu avant d’être chassé du pouvoir.

Les plus hauts dirigeants des Frères musulmans, dont leur Guide suprême Mohamed Badie, doivent également répondre de la mort de plusieurs manifestants anti-Morsi, cette fois lors des rassemblements monstres du 30 juin sur lesquels l’armée s’est appuyée pour destituer le président. Leur procès, brièvement ouvert le 25 août, doit reprendre le 29 octobre.

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