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Somalie: deux journalistes somaliens blessés par balles à Kismayo

Deux journalistes somaliens ont été blessés par balles dans la ville portuaire de Kismayo (sud de la Somalie), où plusieurs chefs de guerre s'affrontent pour le contrôle de cet ancien bastion des islamistes shebab, ont annoncé leurs collègues jeudi.

Mascud Abdulahi Adan, reporter de Dalsan Radio, a été gravement blessé au dos mercredi et Mohamed Farah Sahal, journaliste de Radio Goobjoog, a été touché à l'épaule, au cours de la même attaque, a précisé le Syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ).

Plusieurs milices rivales se battent depuis plusieurs mois pour le contrôle de Kismayo. Ce port stratégique du sud somalien a été repris, en 2012, aux combattants islamistes shebab par le contingent kényan de la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), épaulé par la milice locale Ras Kamboni de l'ancien chef islamiste Ahmed Madobe.

"Nous condamnons cette attaque contre des journalistes avec la plus grande fermeté et demandons qu'une enquête soit menée urgemment pour que les agresseurs puissent être arrêtés", a déclaré le secrétaire général du syndicat, Mohamed Ibrahim.

Les deux reporters - employés par des radios basées dans la capitale, Mogadiscio - ont été blessés quand des hommes non identifiés ont ouvert le feu sur leur véhicule. Ils tentaient de rejoindre les lieux d'une explosion ayant visé des troupes kényanes de l'Amisom. "Mascud essyait de couvrir l'attaque (...) et se rendait sur place quand on lui a tiré dessus", a précisé le directeur de Dalsan Radio, Hassan Ali Gesey.

Le syndicat a mis en cause un combattant de la milice d'Ahmed Madobe, allié au Kenya dans la zone et qui s'est autoproclamé en mai "président" de la région du "Jubaland", entité regroupant le talon sud de la Somalie et frontalière du Kenya et de l'Ethiopie.

Sa "présidence" est contestée tant par le fragile gouvernement de Mogadiscio, qui n'a aucune autorité sur la région, que par plusieurs autres chefs de guerre qui revendiquent ce titre.

Le Jubaland est aux mains de plusieurs milices somaliennes. Outre l'armée kényane, un contingent éthiopien - entré en Somalie fin 2011 pour combattre les shebab mais qui n'a pas intégré l'Amisom - y est également déployé, essentiellement le long de sa frontière.

Le 7 juillet, dans le centre de la Somalie, un journaliste somalien avait été tué par balles, portant à cinq le nombre de professionnels des médias du pays tués par balle ou dans un attentat depuis le début 2013. En 2012, au moins 18 d'entre eux avaient été tués dans le pays, privé de réelle autorité centrale depuis 1991 et plongé dans la guerre civile.

AFP

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