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Abdelillah Benkirane lors d'un meettin du PJD, Rabat, juillet 2012 / AFP
Abdelillah Benkirane lors d'un meettin du PJD, Rabat, juillet 2012 / AFP

Vers une fin de règne des islamistes marocains?

Si le PJD ne trouve pas de nouvel allié, après la rupture avec Istiqlal, le Maroc connaîtra des élections anticipées.

Les ministres de l'Istiqlal, principal allié des islamistes au Maroc, ont officiellement présenté mardi leur démission au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, a déclaré à l'AFP le porte-parole de ce parti conservateur, Adil Benhamza.

«C'est officiel, nos ministres viennent de présenter leur démission au chef du gouvernement», a-t-il affirmé en début de soirée.

Sur les six membres du parti titulaires d'un portefeuille, seul celui de l'Education, Mohammed El-Ouafa, doit encore présenter sa démission et dispose pour cela "de 24 heures. Dans le cas contraire, il sera exclu" du parti, a affirmé M. Benhamza.

L'Istiqlal avait annoncé il y a près de deux mois son intention de quitter le gouvernement, provoquant une crise gouvernementale.

Ces démissions vont entraîner un remaniement, voire des élections anticipées si les islamistes du Parti justice et développement (PJD), arrivés au pouvoir fin 2011 dans le sillage du Printemps arabe, ne parviennent pas à trouver un nouvel allié de poids comparable.

Cantonnés dans l'opposition durant des décennies, le PJD a remporté un succès historique lors des législatives de novembre 2011. Mais faute de majorité absolue, il a dû construire une coalition hétéroclite avec trois autres formations, dont l'Istiqlal, le parti de l'indépendance au Maroc.

Selon la presse locale, des tractations sont déjà en cours avec une autre formation pour pallier ce retrait.

L'Istiqlal s'était montré particulièrement critique envers ses alliés islamistes depuis l'élection au second semestre 2012 de son nouveau chef, le maire de Fès Hamid Chabat, un trublion de la vie politique marocaine.

Le 11 mai, ce parti avait justifié sa décision en dénonçant un manque d'action et de concertation de la part des islamistes.

La crise gouvernementale, qui dure depuis deux mois, a fait un craindre un blocage dans la mise en ½uvre de réformes sociales à haut risque mais présentées comme indispensables pour le royaume, confronté à une situation financière précaire avec un déficit public de plus de 7% en 2012.

Interrogé mardi par l'AFP, un député et dirigeant du PJD, Abdelalziz Aftati, a assuré ne pas craindre la perspective d'élections anticipées en cas d'échec des négociations avec d'autres alliés.

C'est même le souhait «de certains responsables de notre parti», a avancé M. Aftati.

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