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Ethiopie: de nombreuses victimes après une frappe aérienne mardi sur un marché au Tigré

Une frappe aérienne a touché mardi un marché très fréquenté au Tigré, faisant des dizaines de blessés et un nombre indéterminé de morts dans cette région éthiopienne, où le conflit qui dure depuis sept mois a connu ces derniers jours un regain d'intensité.

Le bilan précis était encore inconnu mercredi, des soldats bloquant l'accès à la localité de Togoga, située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale régionale, Mekele, et touchée par cette frappe, d'après des témoins, médecins et ambulanciers.

L'armée éthiopienne mène depuis novembre une opération militaire au Tigré contre les forces des anciennes autorités régionales.

Selon les témoignages recueillis par l'AFP à Mekele, une frappe aérienne a touché mardi à la mi-journée le marché fréquenté de Togoga. Plusieurs évoquent l'heure de 13H00 locales.

Birhan Gebrehiwet, 20 ans, vendait "des boissons et de l'eau" dans sa maison située près du marché quand la frappe s'est produite. "Ma maison a été totalement détruite. Nous avons été enterrés sous les murs et le toit", a raconté la jeune femme, blessée à la main droite. 

"Il y avait beaucoup de blessés et de morts, on marchait sur eux et dans leur sang", a-t-elle ajouté, affirmant être "sûre que ça venait des airs".

Six blessés, dont trois enfants âgés de deux, trois et six ans, ont pu atteindre l'hôpital de Mekele, a indiqué un responsable des urgences sur place. 

Mais "il y a 45 personnes blessées qui sont bloquées et sont en danger de mort", a-t-il ajouté.

La famille d'un homme grièvement blessé et soigné à Mekele a déclaré à l'AFP que deux "explosions aériennes" ont frappé le marché et ses environs, selon les dires de leur proche.

- Accès bloqués -

Hailu Kebede, un responsable d'un parti d'opposition au Tigré dont le frère tient un étal au marché, a indiqué que le marché était particulièrement fréquenté à l'approche de la saison des cultures. Son frère, indemne, lui a raconté que "c'est vers la mi-journée" qu'un ou plusieurs avions ont "bombardé le marché", a-t-il relaté.

Selon plusieurs témoignages, des soldats empêchent de sortir ou d'entrer de la zone de Togoga. 

La mère d'une fillette de deux ans transportée à l'hôpital de Mekele, où cette dernière a été opérée du ventre, a indiqué que son mari, blessé, n'avait pu passer un barrage de l'armée. "Nous ne savons pas s'il est vivant ou mort", a-t-elle déclaré. 

Un chauffeur d'ambulance de Mekele a également indiqué à l'AFP avoir été empêché de rejoindre la zone.

"J'ai essayé de partir de Mekele quatre fois aujourd'hui (mercredi) pour aller aider les gens mais les soldats ne nous laissent pas passer", a-t-il déclaré, affirmant avoir "entendu parler de 30 morts".

Ni l'armée éthiopienne, ni l'administration intérimaire régionale n'avaient répondu mercredi après-midi aux demandes de commentaires de l'AFP.

La région est en proie aux combats depuis sept mois.

En novembre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale pour arrêter et désarmer les dirigeants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirigeait la région. Cette opération de "maintien de l'ordre" a été décidée après l'attaque de bases militaires, selon le Premier ministre. 

Annoncée comme brève, cette opération militaire s'est transformée en un conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d'exactions sur les populations civiles (massacres, viols...).

Les combats persistent entre, d'une part, les forces pro-TPLF et, d'autre part, l'armée fédérale éthiopienne épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l'Amhara et l'armée de l'Erythrée, pays frontalier du Tigré.

Selon l'ONU, au moins 350.000 personnes y sont désormais en situation de famine, ce que conteste le gouvernement éthiopien.

Alors que l'Ethiopie a tenu des élections nationales lundi, le Tigré - où le scrutin a été reporté sine die en raison du conflit - a connu ces derniers jours un regain d'activité militaire, notamment autour de quelques points stratégiques.

Dans la ville d'Adigrat, située sur un carrefour routier stratégique à 115 kilomètres de Mekele et à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec l'Erythrée, un habitant a déclaré à l'AFP que les forces du TPLF étaient brièvement entrées dans la ville mardi après que l'armée éthiopienne l'eut quittée. 

Quelques heures plus tard, des troupes érythréennes étaient visibles dans les rues.

La ville de Wukro, à mi-chemin entre Adigrat et Mekele, serait également tenue par des forces du TPLF, selon un habitant. 

AFP

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