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Tchad: l'armée affirme avoir tué "plusieurs centaines" de rebelles en deux jours

L'armée a assuré vendredi avoir tué "plusieurs centaines" de rebelles en 48 heures dans l'ouest du Tchad, 12 jours après la mort du président Idriss Déby Itno précisément sur ce front et après que son fils, qui lui a succédé à la tête d'une junte, eut juré de les anéantir.

Les combats qui opposent l'armée au groupe rebelle du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT) se déroulent depuis mi-avril dans la région désertique du Kanem, le long de la frontière avec le Niger.

Le FACT avait lancé depuis la Libye son offensive contre le pouvoir le 11 avril, jour de l'élection présidentielle remportée par le président Déby, avec près de 80% des suffrages selon des résultats officiels rendus publics quelques heures avant l'annonce de son décès, des suites de blessures reçues au front selon l'armée. Les rebelles avaient promis de marcher sur N'Djamena mais ils avaient rapidement été stoppés notamment par des bombardements intenses de l'armée.

"Les Forces de Défense et de Sécurité ont fini de traiter la bande de rebelles qui avait fait incursion vers Nokou (...) le 29 avril", a assuré vendredi soir le porte-parole de l'armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué, deux jours après l'annonce d'une nouvelle offensive du FACT dans cette zone située à quelque 200 km à vol d'oiseau au nord de la capitale N'Djamena.

"Côté ennemi, plusieurs centaines de rebelles neutralisés, 66 fait prisonniers", ajoute le général Bermandoa, en déplorant six soldats tués.

Les militaires tchadiens utilisent le terme militaire "neutralisés" pour "tués". Les bilans livrés par l'armée ou les rebelles sont impossible à vérifier de sources indépendantes et les zones de combat sont interdites à la presse.

Basé, depuis sa création en 2016, dans le sud de la Libye, le FACT et ses colonnes de pick-ups sont d'abord descendus à partir du 11 avril vers le sud en passant la frontière Tchad-Libye, puis sont passés par le Niger, et enfin sont revenus au Tchad dans le Kanem.

Là, de violents combats les ont opposés la semaine dernière aux troupes gouvernementales. L'armée avait déjà assuré, la veille de l'annonce de la mort du maréchal Déby, avoir tué 300 rebelles. Et 246 autres avaient été capturés et déférés au parquet de N'Djamena, selon la justice.

Les combats ont continué dans la zone de Nokou, dans le département du nord-Kanem. Jeudi matin, un hélicoptère de l'armée tchadienne s'y est écrasé au sol, à la suite d'une "panne technique" assurait l'armée, le FACT, affirmant avoir abattu l'aéronef.

- Dialogue "inclusif" -

C'est dans cette même région du Kanem, à 300 km au nord de N'Djamena, que le président Idriss Déby, au pouvoir durant trente ans et maréchal de son rang, a été tué il y a douze jours.

Dès le lendemain, son fils, le jeune général Mahamat Idriss Déby, a pris le pouvoir à la tête d'une junte de 15 généraux, le Conseil Militaire de Transition (CMT) et juré d'anéantir le FACT.

Le nouvel homme fort tchadien, général de corps d'armée de 37 ans et jusqu'alors chef de la toute puissante Garde présidentielle, s'est également auto-proclamé président de la république et arrogé quasiment tous les pouvoirs: il a abrogé la Constitution, dissous le gouvernement et l'Assemblée nationale, tout en promettant des "élections libres et démocratiques" dans 18 mois.

Il a promis un "dialogue national inclusif".

Vendredi, l'un des plus farouches opposants de son père, Yaya Dillo Djerou, en fuite depuis qu'il avait voulu se présenter contre lui à la présidentielle du 11 avril, est réapparu publiquement en demandant lui aussi la tenue de ce dialogue.

Membre de l'ethnie zaghawa des Déby père et fils, ancien conseiller présidentiel et ancien ministre, M. Dillo a appelé à "un processus réellement démocratique" avec "tous les fils du Tchad".

L'opposition et la société civile ont dénoncé, dès la mise en place du CMT, une "succession dynastique" et un "coup d'Etat institutionnel". Mardi, elles avaient appelé les Tchadiens à manifester contre la junte.

Six personnes avaient été tuées à N'Djamena et dans le sud, selon les autorités, neuf selon une ONG locale. Plus de 650 avaient été arrêtées lors de ces manifestations interdites et durement réprimées.

Vendredi soir, la police tchadienne a démenti avoir tiré à balles réelles sur des manifestants, accusant des "individus mal intentionnés à bord de véhicules à vitre fumées non immatriculées".

AFP

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