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Sud-est du Nigeria: la police enquête sur le meurtre de 19 éleveurs

La police nigériane a annoncé mardi avoir ouvert une enquête après le meurtre d'une famille de 19 éleveurs dans le sud-est du pays, où sévissent des tensions communautaires. 

Les victimes, membres d'un même famille et de l'ethnie peuls (originaire du nord du pays), ont été attaquées dimanche par des hommes armés dans un campement situé dans le district de Oyi, dans l'Etat de Anambra. 

Les assaillants les ont abattues avant de mutiler leur corps, selon le porte-parole de la police de cet Etat, Tochukwu Ikenga. 

Aucun groupe n'a revendiqué ce massacre, mais des rivalités existent entre des communautés d'éleveurs peuls et celles d'agriculteurs qui se disputent l'accès à la terre. Dans certaines régions, ces rivalités ont exacerbé les tensions ethniques. 

"Nous enquêtons sur ce malheureux incident pour déterminer qui est derrière ces ignobles meurtres", a affirmé M. Ikenga. 

Selon des médias locaux, on compte parmi les victimes quatre hommes, neuf femmes et six enfants.

Des vaches et des moutons appartenant aux éleveurs ont aussi été tués, leur maison et leurs biens été vandalisés, selon ces médias. 

Des habitants et des étudiants d'une université située à proximité du campement ont quitté la zone de peur d'attaques représailles. 

Depuis le début de l'année, le sud du Nigeria est confronté à une montée des discours haineux ciblant les personnes du nord.

Plusieurs campements d'éleveurs peuls ont été récemment attaqués dans les régions du sud-ouest - dominées par l'ethnie Yoruba - et le sud-est, majoritairement Igbo.

Les éleveurs sont accusés par certains d'être responsables de la montée des enlèvements et d'attaques meurtrières dans ces régions.

Le sud-est du pays est également en proie à une multiplication des attaques visant les forces de l'ordre. 

En l'absence de revendication, les autorités nigérianes attribuent généralement ces attaques au mouvement séparatiste biafrais de l'Ipob (Indigenous Peoples of Biafra).

Les tensions entre le pouvoir central et les séparatistes d'Ipob restent fortes dans la région, plus de 50 ans après la fin de la terrible guerre civile du Biafra (1967-1970) qui a fait près d'un million de morts, en majorité issus de l'ethnie locale igbo.

AFP

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