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Corruption: le président sud-africain regrette la faiblesse de l'ANC

Cyril Ramaphosa, le président sud-africain mais aussi celui du parti historique au pouvoir, l'ANC, a reconnu mercredi que son parti aurait pu contrer davantage la corruption rampante sous son prédécesseur Jacob Zuma. 

Elu en 2018 sur des promesses de lutte contre ce fléau, après le départ d'un Zuma croulant sous les scandales, "l'Oncle Cyril", comme il est surnommé en raison de sa simplicité et sa bonne volonté apparente, a exprimé des regrets devant une commission consultative qui enquête sur la corruption pendant cette période (2009-2018).

Lors de cette audition attendue, le président a affirmé que la corruption avait "abîmé" les valeurs constitutionnelles et "sapé l'État de droit". 

"Nous reconnaissons tous que l'organisation (l'ANC) aurait pu et dû faire davantage pour empêcher l'abus de pouvoir et le détournement des ressources qui ont défini" cette période, a-t-il déclaré.

"L'ANC reconnaît avoir commis des erreurs... Il n'a pas su répondre aux attentes du peuple sud-africain en ce qui concerne l'application du principe de responsabilité", a-t-il ajouté.

Depuis deux ans, la commission a entendu des dizaines de ministres ou ex-ministres, élus, hommes d'affaires ou fonctionnaires qui ont déballé au grand jour le linge sale de l'ère Zuma. Ses conclusions ne déboucheront pas directement sur des inculpations mais pourront être transmises au parquet.

Zuma, 79 ans, est notamment soupçonné d'avoir généralisé le pillage des ressources de l'Etat et accordé de juteux contrats publics à une sulfureuse famille d'hommes d'affaires d'origine indienne, les Gupta. 

Le président Ramaphosa a reconnu que l'ANC était au courant depuis longtemps des malversations et du favoritisme au sein de l'État et dans ses propres rangs. Comme l'était le grand public.

La corruption "a trouvé un terrain fertile dans les divisions, les faiblesses et les tendances qui se sont développées" au sein de l'ANC depuis 1994, a-t-il déclaré, en référence à l'année des premières élections post-apartheid.

Accusé d'avoir favorisé l'emballement de la corruption, Zuma boude régulièrement la commission: il n'a témoigné devant elle qu'une seule fois, en 2019, avant de refuser d'y retourner, dénonçant une cabale politique.

Ramaphosa, qui lui a succédé, a exhorté tous les membres du parti à coopérer avec la commission. Son témoignage doit se poursuivre jeudi. 

AFP

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