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Attaque Mozambique: les rescapé hantés par les cadavres

De sa fuite effrénée, Mariamo Assane, rescapée de la récente attaque jihadiste qui a officiellement fait des dizaines de morts à Palma, dans le Nord-Est du Mozambique, se souvient des cadavres éparpillés sur le chemin.

"Je ne sais pas si j'oublierai un jour", dit cette femme d'une trentaine d'années, désormais en sécurité à Pemba, capitale de la province du Cabo Delgado. "J'avais perdu tout espoir de vivre, je n'ai jamais autant couru", raconte-elle à l'AFP.

Depuis plus de trois ans, des groupes armés qui ont prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) ravagent cette région à majorité musulmane, pauvre malgré un sous-sol riche en gaz, située à la frontière avec la Tanzanie.

Le 24 mars, ils ont lancé une attaque d'ampleur sur Palma, ville portuaire de 75.000 habitants. Le bilan réel reste inconnu. Décrite comme une ville fantôme, Palma est désormais inaccessible et les communications mobiles sont coupées. 

- "Morts ou vivants ?" -

Enceinte, Fatua Abdalal a accouché seule dans la brousse au cours de sa fuite. Les yeux baissés, son nouveau-né contre elle dans un lit de l'hôpital de Pemba où elle a finalement été évacuée, elle raconte avoir dû abandonner ses deux autres enfants.

Nvita Nchute, lui, est toujours à la recherche de son épouse et son neveu de six ans. "Lorsque les tirs ont commencé, j'étais au marché et je ne pouvais pas rentrer pour aller chercher ma femme", raconte-t-il le visage baigné de larmes, dans un centre temporaire pour les rescapés à Pemba.

Après quatre jours dans la brousse sans rien, ni à manger ni à boire, Morasse Ali, 26 ans, s'en est lui aussi finalement tiré, mais il ne sait pas si son épouse et son enfant sont vivants ou morts. "Ma femme et mon fils étaient à la maison. Les rebelles sont arrivés, ils les ont capturés et emmenés".

Onze jours après l'attaque, de nombreux rescapés continuent à affluer dans les localités de la province. Selon l'ONU, environ 10.000 ont pu être secourus et 23.000 sont encore sur la péninsule d'Afungi, près du projet gazier de plusieurs milliards d'euros, piloté par Total. 

A seulement une dizaine de km de l'attaque, le site a été complètement évacué et la future exploitation, qui devait être opérationnelle en 2024, est désormais à l'arrêt complet.

Selon plusieurs sources sécuritaires, des rebelles ont été repérés à proximité ces derniers jours et les Nations unies et l'ONG Médecins sans frontières (MSF) ont décidé de quitter la zone d'Afungi.

- "Horreurs" -

Les survivants "ont été témoins d'horreurs", souligne Shelley Thakral, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) à Pemba. Elle décrit des personnes en détresse, épuisées et en état de choc. "Ils parlent de gens qui ont agité des armes à feu devant eux".

Des agents de sécurité privée, intervenus aux côtés des forces mozambicaines contre les rebelles, ont déclaré avoir vu des corps décapités dans les rues.

Avant l'attaque contre Palma, le conflit avait déjà tué plus de 2.600 personnes, dont la moitié de civils, et déplacé près de 700.000 autres.

Au moins 1.600 personnes en provenance de Palma sont arrivées à Montepuez, à 450 kilomètres à l'intérieur des terres, après plusieurs jours de marche, selon les Nations unies.

Ils racontent avoir vu en chemin les cadavres de ceux qui ont succombé à la faim, la soif et aux quatre ou cinq jours de marche à travers la brousse, explique Amparo Villasmil de Médecins sans frontières (MSF), qui gère un camp de déplacés dans la ville.

Décrivant des gens "accablés", elle ajoute que "ceux qui arrivent disent qu'il y en a encore beaucoup d'autres en chemin ..."

strs-cld-mgu-sn/ayv/

AFP

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