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Mozambique: des dizaines de disparus, les évacuations de Palma continuent

Des dizaines de personnes, fuyant les groupes armés jihadistes dans le nord du Mozambique, sont redoutées mortes, tandis que des milliers continuaient à évacuer la zone par tous les moyens et dans l'urgence, selon plusieurs sources et témoins.

La petite ville portuaire de Palma, située à seulement une dizaine de kilomètres du site gazier piloté par le groupe français Total, est tombée aux mains de ces groupes armés vendredi soir, à l'issue de plus de 48 heures de combats.

"Plus de cent personnes sont portées disparues, c'est ce qu'on sait pour l'instant", a affirmé auprès de l'AFP le chercheur Martin Ewi, de l'Institut des études sécuritaires à Pretoria, évoquant une "situation encore très confuse".

Les jihadistes, qui terrorisent depuis plus de trois ans la province majoritairement musulmane du Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie, ont lancé leur attaque surprise mercredi après-midi sur trois fronts simultanés, suscitant la panique pour ses 75.000 habitants.

Certains ont foncé vers les forêts environnantes pour s'y cacher, d'autres se sont dirigés vers les plages où ils sont montés à bord d'embarcations. D'autres encore ont fui à pied ou en voiture vers le site gazier. Là, ils ont frappé à la porte du périmètre ultra-sécurisé, sur la péninsule d'Afungi, pour y trouver un refuge temporaire.

Palma, petit port sur l'océan Indien, s'est gonflé ces dernières années de plusieurs vagues de personnes déplacées, fuyant les violences jihadistes dans leurs villages. Qui se retrouvent pour beaucoup de nouveau en fuite...

- Afflux de réfugiés à Pemba -

"Un bateau est parti du site d'Afungi samedi" en fin de journée à destination de Pemba", la capitale provinciale, distante d'environ 200 km, où il est arrivé à la mi-journée, a affirmé à l'AFP une source participant à cette opération d'évacuation.

A son bord, quelque 1.400 personnes, parmi lesquelles des personnels non essentiels du site gazier mais surtout des habitants de Palma venus s'y réfugier.

Sur les plages de Pemba, pirogues et bateaux à voile traditionnels, chargés de réfugiés, arrivent depuis les côtes de Palma et d'Afungi, selon plusieurs sources.

Aucun affolement n'était palpable à l'aéroport, selon un photographe de l'AFP sur place. Les vols réguliers ont été suspendus pour laisser place aux opérations militaires, ont précisé des fonctionnaires sur place.

Caritas, une organisation humanitaire catholique présente dans la région, a confirmé l'afflux de réfugiés à Pemba. "Des salariés d'entreprises de Palma notamment arrivent", a affirmé à l'AFP Manuel Nota, son responsable.

"Maintenant nous attendons l'arrivée des plus vulnérables pour pouvoir leur prêter assistance", a-t-il ajouté dans un entretien téléphonique, précisant que son organisation avait interrompu ses livraisons de nourriture à Palma depuis l'attaque.

- Embuscade contre le convoi de civils -

"Des opérations d'évacuation sont en cours", a également confirmé le directeur régional de l'organisation Human Rights Watch, Dewa Mavhinga.

Parmi les 180 personnes ayant passé plus de 48 heures infernales assiégés dans un hôtel de Palma, situé entre la ville et son aéroport, après avoir fui l'attaque mercredi, plusieurs dizaines restent portées disparues.

Quelque 80 d'entre eux étaient partis vendredi à bord de 17 camions militaires, dont seuls sept ont pu sortir de la zone de conflit. Aucune source ne pouvait préciser dans l'immédiat ce que sont devenues les personnes à bord des dix autres camions. Mais une embuscade contre plusieurs d'entre eux a fait des morts, ont affirmé à l'AFP des sources sécuritaires.

Au moins sept selon la presse locale, mais sans doute davantage. Un bilan impossible à confirmer dans l'immédiat.

"Un nombre inconnu de personnes sont sans doute mortes en tentant de fuir l'hôtel Amarula, lorsque leur convoi a été attaqué" par les jihadistes, estime aussi M. Mavhinga.

Les communications par téléphone portable restent très aléatoires dans la région, sans doute en raison de brouillages intentionnels des forces gouvernementales, selon plusieurs sources.

Le ministère de la Défense mozambicain prévoyait une conférence de presse en fin de journée. 

AFP

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