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Les Algériens, la plupart des étudiants, dans la rue malgré l'interdiction

Environ 2.000 Algériens, dont une majorité d'étudiants, ont de nouveau manifesté mardi à Alger contre le régime, malgré l'interdiction de rassemblement, un mouvement de contestation renaissant qui s'ancre dans la durée. 

Pour la deuxième semaine consécutive, les jeunes manifestants, accompagnés d'enseignants et de sympathisants, ont défilé de la place des Martyrs, au pied de la Casbah dans le vieil Alger, jusqu'au centre de la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Bloqués au début de la marche, ils ont réussi à déborder le dispositif policier. De brèves échauffourées ont éclaté quand les policiers ont tenté de les repousser, selon des témoins.

Scandant les slogans du mouvement de protestation populaire Hirak, "Algérie libre et démocratique" et "Etat civil et non militaire", ils ont pris les ruelles étroites de la Casbah afin de contourner les multiples cordons de policiers.

"Aujourd'hui à Alger, les étudiant.e.s innovent en empruntant les petites ruelles pour contourner les dispositifs policiers et tenir leur marche pacifique, ils ont réussi. Tous les chemins mènent au Hirak", a écrit sur Twitter le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH).

La progression de la marche a été stoppée près de la Grande Poste. La police a ensuite évacué les manifestants vers une station de bus réservée aux étudiants avant de les forcer à quitter le centre-ville.

Avant l'interruption forcée des marches hebdomadaires du mouvement de protestation pacifique ou Hirak en mars 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, les étudiants avaient pour habitude de défiler chaque mardi à Alger.

Après 11 mois d'arrêt, les Algériens sont redescendus massivement dans la rue pour marquer le 2e anniversaire du Hirak le 22 février. 

Face à la pandémie, le Premier ministre Abdelaziz Djerad avait pourtant appelé lundi à "éviter, en toute responsabilité, les situations d'attroupement".

Les manifestants ont conspué le président Abdelmadjid Tebboune qui "est arrivé (au pouvoir) par la fraude, placé par les militaires".

M. Tebboune a été élu en décembre 2019 après un scrutin massivement boycotté par les Algériens, neuf mois après la démission sous la pression du Hirak de son prédécesseur Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis deux décennies, lâché par l'armée, le pilier du régime.

Dans une interview télévisée lundi soir, M. Tebboune a assuré que les revendications du "Hirak populaire authentique" "ont été satisfaites" pour la plupart, une antienne du régime depuis des mois.

"Le peuple algérien est sorti dans les rues et nous avons réalisé ses revendications", a-t-il ajouté, en rejetant les appels du Hirak à la démilitarisation de l'Etat et fustigeant une "contre-révolution financée par l'argent sale" à propos des manifestations.

Le mouvement de protestation continue d'exiger le démantèlement du "système" en place depuis l'indépendance en 1962.

Mardi, des Algériens ont également manifesté à Bejaïa, en Kabylie (nord-est), selon des médias locaux et des vidéos postées sur Facebook.

AFP

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