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Rapt au Nigeria: les forces de sécurité traquent les ravisseurs, un rescapé témoigne

Les forces de sécurité nigérianes traquaient jeudi les hommes qui ont enlevé la veille plus de 40 personnes dans un pensionnat du centre-ouest du pays, où un élève ayant réussi à échapper au rapt a témoigné des circonstances. 

Ce rapt d'élèves, d'enseignants et de membres de leurs familles à Kagara, dans l'Etat du Niger, est le dernier d'une série d'enlèvements perpétrés dans le centre et le nord-ouest du Nigeria par des groupes criminels, appelés localement "bandits".

Des hommes lourdement armés, vêtus d'uniforme militaire, ont envahi ce pensionnat de l'enseignement secondaire dans la nuit de mardi à mercredi, tuant un élève, et emmenant avec eux des otages dans la forêt avoisinante. 

Les ravisseurs ont kidnappé 42 personnes, dont 27 élèves et trois professeurs. Le président nigérian Muhammadu Buhari a condamné mercredi cette attaque et ordonné une opération de sauvetage.  

"Nous faisons tout ce que nous pouvons pour libérer les élèves et leurs professeurs", a affirmé jeudi à l'AFP un des porte-parole du gouvernement local, Muhammad Sani Idris. 

"Les bandits sont sous pression. Nos agents de sécurité les suivent à la trace. Nous espérons que les élèves seront très vite secourus".

L'armée et la police nigérianes, avec un hélicoptère de surveillance, menaient une opération d'envergure, a déclaré l'inspecteur général de police Mohammed Abubakar Adamu dans un communiqué.

A Kagara, les familles ont appelé le gouvernement à tout faire pour secourir les victimes et ont raconté comment plusieurs enfants ont réussi à s'échapper sous les tirs des bandits. 

Un enfant a lui-même témoigné.

"J'ai entendu les ravisseurs arriver dans notre dortoir et c'est là qu'ils ont commencé à tirer", raconte à l'AFP Caleb Samaila, l'un des élèves qui a échappé à l'attaque. 

"Les élèves qui étaient à l'intérieur ont commencé à courir de partout. Les hommes armés nous ont dit que si nous ne nous arrêtions pas, ils allaient nous tirer dessus", raconte le garçon, blessé aux genoux lors de sa fuite.

- "Sauver mon fils" -

Les hommes armés se sont d'abord fait passer pour des militaires, mais lorsque les élèves ont compris qu'ils étaient des criminels, ils ont commencé à s'enfuir, raconte Ayuba Bawa, l'oncle de l'un des rescapés.

Dans leur fuite, "l'un a sauté par dessus un mur et il s'est blessé", dit-il. "Un autre était sur le point de sauter et ils l'ont abattu. Il est mort", ajoute-t-il. 

"Je n'ai toujours pas dormi depuis que l'on m'a prévenu", déclare Mustapha Dauda, le père de l'un des enfants toujours détenus par les criminels. "S'il vous plaît, sauvez mon fils", implore l'homme face à la caméra de l'AFP.   

Ces bandes criminelles, qui multiplient enlèvements contre rançon et vols de bétail, se cachent souvent dans la forêt de Rugu qui s'étend sur quatre Etats: Katsina, Zamfara, Kaduna, et Niger.

L'une d'entre elles a attaqué mercredi soir Gurmana, une autre ville de l'Etat du Niger, tuant deux personnes et en enlevant plusieurs autres, a déclaré à l'AFP Ibrahim Audu Hussein, le porte-parole de l'agence des services des urgences du Niger.

Elles sont en général motivées par l'appât du gain, mais certaines ont tissé des liens avec les groupes jihadistes présents dans le nord-est.

C'est notamment le cas de celles qui avaient kidnappé en décembre 344 élèves dans un pensionnat de la ville de Kankara, dans l'Etat voisin de Katsina, agissant pour le compte du groupe jihadiste Boko Haram, dont le bastion se trouve à des centaines de kilomètres, dans le nord-est du Nigeria.

Les adolescents de Kankara avaient été libérés après une semaine de captivité, à l'issue de négociations.

Ce rapt avait provoqué un émoi mondial et ravivé le souvenir de l'enlèvement par Boko Haram de plus de 200 jeunes filles à Chibok (nord-est), en 2014.

AFP

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