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Soudan: nouvelles manifestations contre la vie chère

De nouvelles manifestations contre l'augmentation du coût de la vie ont eu lieu mardi au Soudan, pays de 40 millions d'habitants miné par les difficultés économiques.

Ces manifestations sont survenues au lendemain de la formation d'un nouveau gouvernement chargé de sortir le pays de la grave crise économique dans laquelle il est empêtré depuis des décennies et qui s'est amplifiée après la chute en avril 2019 du régime d'Omar el-Béchir, destitué par l'armée sous la pression de la rue.

Ces dernières semaines, les manifestations contre la cherté de la vie se sont multipliées, notamment dans la capitale Khartoum et dans l'Etat de Gedaref (est), grenier à blé du pays.

En raison de pénuries variées, les Soudanais patientent quotidiennement des heures dans les files d'attente devant les stations-services, les fours à pain ou encore les pharmacies.

"Non aux prix élevés, non à la faim", ont scandé les manifestants à Nyala, capitale de l'Etat du Darfour-Sud (ouest), incendiant des boutiques et jetant des pierres contre la police qui a dispersé la foule à coups de gaz lacrymogènes, a constaté un correspondant de l'AFP.

Selon le gouverneur du Darfour-Sud, Moussa Mahdi, cité l'agence de presse nationale Suna, les forces de sécurité ont dispersé les "émeutiers" qui ont "pris d'assaut des magasins d'un marché de la ville". Elles ont aussi saisi des "armes et des munitions",  a-t-il dit.  

Un couvre-feu nocturne de 12 heures, à partir de 18H00 (16H00 GMT), a ensuite été imposé au Darfour-Sud.

Dans la ville côtière de Port-Soudan (est), des étudiants ont attaqué des bâtiments officiels, entraînant la fermeture de plusieurs écoles et magasins, a indiqué Suna. Des manifestations ont aussi eu lieu dans l'Etat du Kordofan-Nord. 

Selon l'agence, la hausse du prix des ingrédients nécessaires à la fabrication du pain est à l'origine de la mobilisation. En décembre 2018, c'est le triplement du prix du pain qui avait provoqué le soulèvement populaire conte le général Béchir.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants à Al-Obeid (centre), transportant des sacs de blé qui semblent avoir été pillés. L'AFP n'a pas pu vérifier l'authenticité des images.

Les autorités de transition doivent composer avec une dette colossale (plus de 49 milliards d'euros), une inflation annuelle record de 269% en décembre 2020 et un manque chronique de devises.

Le Premier ministre Abdallah Hamdok a assuré lundi que son nouveau gouvernement donnerait la priorité à l'économie.

"Nous promettons de ne pas fermer l'oeil jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de files pour se procurer du pain et du carburant, et de rendre les médicaments de première nécessité accessibles à des prix raisonnables", a affirmé de son côté le nouveau ministre des Finances et ancien chef rebelle, Gibril Ibrahim.

AFP

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