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Adaptation au changement climatique: aider les petits agriculteurs d'abord pour éviter les famines

L'aide financière destinée à permettre aux millions de petits agriculteurs de s'adapter au changement climatique doit "augmenter sensiblement" si l'on veut éviter famines et instabilité, a prévenu samedi un responsable onusien avant un sommet climat la semaine prochaine aux Pays-Bas.

"Il est inacceptable que les petits exploitants qui produisent une grande partie des denrées alimentaires de la planète, soient laissés à la merci de conditions météorologiques imprévisibles et que le niveau des investissements visant à les aider à s'adapter soit aussi faible", a déclaré Gilbert Houngbo, président du Fonds international de développement agricole (FIDA) dans un communiqué.

"Ils ne contribuent que faiblement aux changements climatiques, mais ils sont les premières victimes de leurs effets. Ils connaissent de plus en plus souvent de mauvaises récoltes et des pertes de bétail, ce qui met en péril l'ensemble de notre système alimentaire", selon lui.

"Nous devons impérativement oeuvrer pour qu'ils puissent rester sur leurs terres et cultiver des aliments nutritifs de manière durable. Sinon, la faim, la pauvreté et les migrations vont encore progresser dans les années à venir" a prévenu M. Houngbo.

Il devrait annoncer la semaine prochaine le lancement d'un fonds international (Asap+) destiné à mobiliser 500 millions de dollars en faveur de l'agriculture paysanne, lors du sommet sur l'adaptation au changement climatique prévu aux Pays-Bas les 25 et 26 janvier.

Le président du fonds sera accompagné de l'acteur britannique Idriss Elba et son épouse Sandrine, ambassadeurs de bonne volonté du Fida. Ils participeront à un débat avec le Premier ministre belge Alexander de Croo et le ministre danois du développement international Dag Inge Ulstei.

L'Allemagne, l'Autriche, l'Irlande et le Qatar se sont déjà engagés à contribuer au programme.

Selon des études financées par le Fida, les productions de cultures de base importantes en Afrique comme les légumineuses, le maïs et le manioc pourraient connaître une diminution de 50 à 90% d'ici à 2050 dans certaines région de l'Angola, du Lesotho, du Malawi, du Mozambique, de l'Ouganda, du Rwanda, de la Zambie et du Zimbabwe en raison des changements climatiques, ce qui risque d'entraîner une forte augmentation de la faim et de la pauvreté. 

Si rien n'est fait, les changements climatiques pourraient aussi obliger plus de 140 millions de personnes à migrer d'ici à 2050.

Un premier programme Asap a permis de distribuer 300 millions de dollars à plus de 5 millions d'exploitants dans 41 pays. Mais à peine 1,7% du financement mondial de l'action climatique est consacré aux petits producteurs, souligne le Fida.

AFP

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