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Centrafrique: premières attaques rebelles aux abords de Bangui

La première attaqurebelle aux abords de la capitale centrafricaine Bangui depuis le début de l'offensive contre le président fraîchement réélu Faustin Archange Touadéra a été repoussée mercredi, faisant un mort chez les Casques bleus et au moins une dizaine parmi les assaillants.

Six des principaux groupes armés qui contrôlent deux tiers de la Centrafrique depuis le début de la guerre civile il y a huit ans ont annoncé la formation en décembre d'une Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et lancé une offensive pour empêcher la réélection de M. Touadéra.

A New York, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, et le Conseil de sécurité, dans une déclaration unanime, ont condamné "fermement" les attaques menées par des combattants armés non identifiés.

M. Guterres et le Conseil, qui a tenu une réunion à huis clos sur la Centrafrique à la demande de la France, ont aussi appelé "toutes les parties à mettre fin à la violence et à engager un dialogue constructif".

La force de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), a pris des mesures pour renforcer la protection de Bangui et éviter des infiltrations de rebelles tandis que le gouvernement annonçait l'avancée de deux heures du couvre-feu, désormais de 17H00 à 04H00 GMT.

M. Touadéra a été déclaré le 4 janvier vainqueur du scrutin du 27 décembre, très contesté par l'opposition, pour lequel seulement un peu moins d'un électeur inscrit sur deux a pu voter en raison de l'insécurité hors de Bangui.

Les rebelles de la CPC  menaient jusqu'alors des attaques sporadiques généralement repoussées par les quelque 12.000 Casques bleus de la Minusca, appuyés par d'importants contingents lourdement armés de militaires rwandais et de paramilitaires russes débarqués à la rescousse du gouvernement et de son armée.

A respectivement 9 et 12 km du centre de la capitale, à l'aube, des brigades de l'armée "ont été attaquées simultanément mais, grâce à la bravoure de nos forces et les appuis bilatéraux, nous avons pu repousser les assaillants qui sont en débandade actuellement", a assuré le ministre de l'Intérieur Henri Wanzet Linguissara.

- "Guerre des nerfs" -

"L'attaque a été repoussée par les Casques bleus, conjointement avec les forces armées centrafricaines", a déclaré Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca.

"Plusieurs rebelles ont été capturés, plus d'une dizaine ont été tués", a souligné le porte-parole des Casques bleus, Abdoulaziz Fall. Le Premier ministre Firmin Ngrebada a évoqué pour sa part un bilan provisoire de "30 assaillants tués" et "5 capturés" sans préciser s'il concerne Bangui ou l'ensemble du territoire. La Minusca, elle, "déplore la perte d'un Casque bleu" rwandais.

Sur le marché PK12 où a eu lieu l'offensive, les commerçants avaient fermé boutique. Forces régulières, paramilitaires russes et Casques bleus étaient présents en nombre, avec plusieurs blindés. 

En fin d'après-midi, des tirs sporadiques retentissaient encore dans plusieurs quartiers. Le gouvernement a évoqué des "opérations de ratissage" et des hélicoptères sont engagés contre les rebelles dissimulés dans les collines, selon plusieurs sources humanitaires.

"Ce que les rebelles ont compris, c'est que la communauté internationale mesure la crise en Centrafrique à partir de ce qu'il se passe à Bangui. C'est pourquoi ils mènent des actions dans la périphérie immédiate de Bangui, pas pour prendre Bangui qui est très défendue, mais pour montrer que Touadéra ne contrôle plus rien ou pas grand-chose", a expliqué à l'AFP Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris.

"Les rebelles mènent une guerre des nerfs", estime de son côté Thierry Vircoulon, spécialiste de l'Afrique centrale à l'Institut français des relations internationales (Ifri). "Ils peuvent faire de la guérilla urbaine et espèrent qu'à la longue ils prendront Bangui".

Pour les élections, l'ONU avait pris la décision assez rare de renforcer pour deux mois sa force de paix avec 300 Casques bleus rwandais prélevés sur son contingent déployé au Soudan du Sud. Le Conseil de sécurité devra à court terme décider de les retirer ou de les maintenir.

Le week-end dernier, deux attaques s'étaient déjà produites contre Bouar, à 340 km au nord-ouest de la capitale, mais sur un axe routier crucial pour son ravitaillement, et Grimari, à 300 km au nord-est de Bangui.

Une deuxième session du Conseil de sécurité, qui doit se tenir publiquement la semaine prochaine, a été demandée par la Centrafrique "en urgence" pour réclamer une levée, même temporaire, de l'embargo sur les armes, selon une lettre obtenue par l'AFP.

AFP

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