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Des milliers de Sénégalais manifestent contre les caricatures de Mahomet

Des milliers de musulmans sénégalais ont manifesté samedi à Dakar contre les caricatures de Mahomet et contre la défense par le président français Emmanuel Macron du droit à la satire au nom de la liberté d'expression, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Certains manifestants, réunis à l'appel d'organisations disant voir dans ces caricatures une insulte à leur foi, ont brûlé le drapeau français ainsi que le portrait de M. Macron. Des participants se sont dits favorables à un boycott des produits français.

"Macron a touché (heurté) le monde musulman dans sa totalité. Et si le monde est en paix, c'est grâce à la religion musulmane. Macron, moi, je le déteste", s'est ému un des manifestants, Youssoupha Sow. 

Plusieurs pays musulmans ont été le théâtre de manifestations après les déclarations faites le 22 octobre par M. Macron promettant de continuer à défendre le droit à la caricature. M. Macron réagissait à l'assassinat, le 16 octobre, d'un professeur d'histoire-géographie décapité en France par un jeune Russe tchétchène pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves lors de cours sur la liberté d'expression.

Les propos de M. Macron ont été perçus par de nombreux musulmans comme hostiles à l'islam. Il a depuis tenté l'apaisement en disant comprendre que les caricatures aient pu choquer les musulmans mais en soulignant que l'Etat était garant de la liberté d'expression.

La population du Sénégal, qui a conservé des liens étroits avec la France, est musulmane à environ 95%. Les quatre grandes confréries soufies auxquelles appartiennent la plupart des Sénégalais jouent un rôle prépondérant, spirituel et temporel sinon politique, dans la vie du pays, réputé pour sa tolérance religieuse.

"Ce n'est pas pour dire qu'on est contre la France ou contre qui que ce soit d'autre", a déclaré l'une des nombreuses musulmanes ayant répondu à l'appel à manifester, Awa Thiam. "On veut juste que nos concitoyens, les musulmans comme nous, aient le droit de pouvoir pratiquer leur religion tranquillement. Il ne faut pas qu'on fasse peur aux gens, qu'on leur fasse croire que c'est une religion de terreur, de méchanceté (...) En fait, il n'y a pas plus paisible que l'islam".

D'autres, comme Kara Sow, étaient plus remontés: "Nous sommes vraiment énervés qu'on dise du mal et qu'on caricature le prophète Mahomet. On préfère le prophète à nos parents".

L'islam, dans son interprétation stricte, interdit toute représentation de Mahomet.

AFP

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