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Présidentielle en Côte d'Ivoire: Ouattara, sûr de sa légitimité, menace l'opposition de poursuites

Le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, qui brigue un troisième mandat controversé à l'élection présidentielle de samedi, s'est montré sûr de sa légitimité malgré le boycott de la campagne par l'opposition qu'il accuse d'envoyer "des jeunes gens à la mort", dans un entretien à l'AFP mercredi.

"Il faut qu'ils (l'opposition) arrêtent d'envoyer des jeunes gens à la mort (...). Je ne vois pas pourquoi l'opposition appelle à la désobéissance civile qui conduit à des actes criminels", a déclaré le président, "déplorant la trentaine de morts" dans des violences préélectorales depuis le mois d'août en Côte d'Ivoire.

"Nous savons que des problèmes ont été suscités par l'opposition. Nous avons des preuves et après les élections (...) nous allons poursuivre les acteurs et les commanditaires (...) quel que soit le rang de la personne", a prévenu M. Ouattara, 78 ans.

Le président a réfuté toute relation avec les "microbes", milices de gros bras qui font le coup de poing, dont l'opposition dit qu'ils sont financés et organisés par le pouvoir.

"Quel intérêt aurait le président aurait à envoyer des gens pour créer des troubles ?", a-t-il rétorqué. "C'est eux (l'opposition) qui l'ont fait. Nous avons des preuves des financements de certaines personnes qu'ils ont mobilisées pour créer ce désordre".

"A Dabou (où sont mortes 16 personnes dans des affrontement intercommunautaires, ndlr), ils envoient des gens tirer sur des Adjoukrous (ethnie locale) et après les mêmes vont tirer sur les Malinkés (ethnie du nord) qui pensent que les Adjoukrous leur ont tiré dessus. Et, ca crée ce conflit communautaire", a-t-il affirmé.

La campagne électorale se déroule dans un ambiance tendue, marquée par des violences qui ont dégénéré en affrontements intercommunautaires dans plusieurs villes, dans un pays où la politique épouse grossièrement les lignes ethniques.

- "Les battre à nouveau" -

La crainte d'une escalade des violences est forte, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Ouattara, qui avait fait 3.000 morts.

Estimant qu'"il n'y a pas de période électorale sans tension", le président Ouattara a balayé les rumeurs de mécontentement dans l'armée, voire de tentative de coup de force, relayées sur les réseaux sociaux.

"J'ai réglé le problème de l'armée malgré les mutineries de 2017 (qui avaient ébranlé le pouvoir ndlr). Je n'ai aucun doute sur la loyauté des forces de défense et de sécurité", a-t-il assuré.

Quelque 35.000 membres de forces de l'ordre seront déployés pour assurer la sécurité du scrutin samedi.

Alors que les deux principaux opposants en lice, l'ancien président Henri Konan Bédié et l'ex-Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, ont appelé au "boycott actif" du "processus électoral" (sans cependant retirer leurs candidatures) et ne font pas campagne, le président Ouattara ne voit pas de problème à vaincre sans adversité.

"Pourquoi ça manquerait de légitimité ? Rien ne dit dans le code électoral qu'on doit être 4 candidats", souligne-t-il, avant d'ajouter : "J'aurais souhaité avoir Bédié et Affi N'Guessan pour les battre à nouveau".

- "Intérêt du pays" -

Questionné sur sa succession, le chef de l'Etat a ouvert la porte à un départ anticipé. "Le Premier ministre (Hamed Bakayoko) a 55 ans, il va s'entourer d'autres jeunes et j'espère que dans les années qui suivent, avant 2025 ou au plus tard en 2025, nous aurons cette équipe qui prendra la relève", a-t-il dit.

Elu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara avait annoncé en mars qu'il renonçait à une nouvelle candidature, avant de changer d'avis en août, après le décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu'avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016, le compteur des mandats de M. Ouattara a été remis à zéro - ce que conteste l'opposition.

"On ne peut pas me dire que je suis un dictateur ! Je ne souhaitais pas faire un troisième mandat (...). Mais est-ce que j'avais le droit de mettre mon aura personnelle au dessus de l'intérêt de mon parti et de mon pays?", a-t-il demandé.

Salué pour son bilan économique marqué par une croissance record, le président a jugé "injustes" les critiques contre son bilan social, rappelant la réduction de 15 points du taux de pauvreté (55,4% en 2011 à 39,5% en 2018).

"Au plan social les choses vont mieux", a-t-il assuré, affirmant vouloir "accélérer" sur ce point s'il est réélu. "C'est pour cela que mon programme s'appelle +la Côte d'Ivoire solidaire+.

AFP

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