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Dans le nord du Burkina, un centre de santé en première ligne pour les déplacés

Sous une tente blanche dressée dans un centre de santé, Asseta Rouamba, 74 ans, veille au chevet de sa fille qui souffre du paludisme à Kaya, dans le nord du Burkina Faso, débordé par l'afflux des déplacés provoqué par les violences jihadistes. 

"Nous avons fui les violences jihadistes à Arbinda (nord). Nous sommes exposées. En plus de la précarité de nos abris, il y a les difficultés alimentaires et sanitaires. Ce centre nous accueille pour des soins gratuits, ce qui nous soulage beaucoup", confie la septuagénaire.

Le centre de santé et de promotion sociale (CSPS) du secteur 6 de Kaya, chef-lieu de la région du centre-Nord, s'est retrouvé en première ligne depuis janvier 2019 dans la prise en charge sanitaire des centaines de milliers de déplacés internes du pays.

Le nord du Burkina Faso est la zone du pays la plus touchée par les attaques jihadistes qui ont fait plus de 1.100 morts et plus d'un million de déplacés internes depuis cinq ans.

Jusque là épargnée par les attaques jihadistes, la commune de Kaya en subit cependant les conséquences.

Plus de 472.000 déplacés y ont trouvé refuge, dont un tiers ont été logés dans des sites d'accueil au secteur 6. 

"Nous avons en moyenne 160 consultations par jour, dont 80% concernent des déplacés internes vivant dans les sites ou dans des familles d'accueil", explique Issa Sawadogo, infirmier dans ce centre de santé.

Depuis avril, le centre bénéficie d'un plan de soutien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui va investir près de 14 millions d'euros pour l'amélioration des soins: consultations curatives, vaccination, accouchements, dépistage et traitement de la malnutrition.

- "Plus humain" -

L'objectif du projet est de renforcer l'accès des personnes déplacées et résidentes de la ville de Kaya et des villages environnants à des soins de base de qualité, a expliqué le président du CICR Peter Maurer, qui a visité le centre dimanche.

"Il est clair que les problèmes sont énormes quand tout à coup une communauté est en croissance démographique à facteur trois ou quatre, c'est impressionnant de voir les conséquences ici", a souligné M. Maurer, pointant l'impact et la pression des déplacements sur les offres sanitaires.

"Nous avions des difficultés d'accueil depuis le début de l'affluence des personnes déplacées (janvier 2019) mais présentement on se sent plus ou moins bien", dit Issa Sawadogo. 

"Avec la réhabilitation de la maternité, des latrines, de la buanderie, de la salle d'accouchement, de notre capacité d'accueil, c'est un visage plus humain que l'on donne à notre centre de santé", énumère l'infirmier.

"Il n'y a pas de distinction dans le traitement entre les populations autochtones et nous les personnes déplacées", se félicite Adjaratou Sawadogo, 43 ans, une mère de trois enfants ayant fui les violences à Barsalogho (Nord).

"Ma fille de six ans est malade. Depuis deux jours, elle fait la fièvre", explique Amidou Ouédraogo, père de famille de trois enfants, et déplacé de Barsalogho, "elle a été prise en charge. On a eu des médicaments gratuitement" dans le centre. 

"On salue les efforts que le centre fait pour nous venir en aide car normalement, ma fille ne doit pas bénéficier de la gratuité (réservée aux moins de 5 ans au Burkina, NDLR) mais vu notre situation de +déplacés+ nous n'avons aucune activité ni revenu", dit-il.

Fati Sawadogo, déplacée de 34 ans, a accouché dans ce centre de santé: "Le bébé va bien. C'est vraiment une chance de l'avoir à côté du site de déplacés".

AFP

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