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Les voisins du Mali insistent sur le retour des civils au pouvoir après le putsch

Le président de la Communauté des Etats ouest-africains, Mahamadou Issoufou, a tancé les militaires désormais au pouvoir au Mali pour leur refus de rentrer dans leurs casernes, à l'ouverture d'un sommet appelé à statuer sur le maintien des sanctions contre ce pays.

Le chef de l'Etat nigérien, président en exercice de la Cédéao, a défendu le principe général des sanctions contre les putschistes en ouvrant les travaux de ce deuxième sommet extraordinaire virtuel des dirigeants ouest-africains, dix jours après le coup d'Etat.

Ils sont censés délibérer sur le maintien, la levée ou le renforcement de sanctions déjà prises contre leur voisin et membre de l'organisation.

"Pour un pays, le putschisme est une grave maladie. Pour en guérir, une seule ordonnance: les sanctions", a affirmé M. Issoufou à Niamey.

La junte "refuse de regagner les casernes alors que le pays est en guerre, ce qui exige, plus que jamais, que l'armée se concentre sur sa mission traditionnelle", a-t-il dénoncé en faisant référence à la propagation jihadiste. L'ennemi cherche justement "à exploiter le vide institutionnel actuel", a-t-il mis en garde.

- Blocage institutionnel -

Un groupe d'officiers a renversé le 18 août le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, à la tête depuis 2013 de ce pays qui s'enfonce depuis des années dans la crise sécuritaire, économique et politique.

M. Keïta avait le soutien de la communauté internationale et de la Cédéao. Mais il faisait face à une contestation grandissante nourrie par l'apparente incapacité à faire face aux violences jihadistes et intercommunautaires, un profond marasme économique et social et le sentiment répandu de corruption endémique du pouvoir.

Le Mali était en situation de blocage institutionnel quand les militaires ont déposé le président, accomplissant le voeu d'un mouvement de contestation hétéroclite qui réclamait dans la rue la démission de M. Keïta depuis des législatives contestées en mars-avril.

La Cédéao réclame le retour des civils au pouvoir. Elle a différents motifs d'inquiétude tenant à la légitimité des dirigeants ouest-africains et à une stabilité sahélienne déjà mise à mal.

Lors d'un premier sommet par vidéoconférence le 20 août, elle a dénié toute légitimité aux putschistes, suspendu le Mali de ses organes de décision, ordonné la fermeture des frontières de ses Etats membres avec le Mali, et stoppé tous les flux financiers et commerciaux.

Cet embargo préoccupe les colonels nouveaux maîtres de Bamako, tant la population pauvre de ce vaste pays enclavé a un besoin vital d'échanges.

- Un an maximum -

Les militaires ont promis de restituer le pouvoir aux civils. Ils ont manifesté leur volonté de compromis auprès de la mission de médiation dépêchée par la Cédéao au Mali de samedi à lundi. Ils ont accédé à la demande de la Cédéao et ont laissé ses émissaires rencontrer le président déchu. Jeudi, veille du sommet, la junte a annoncé l'avoir libéré.

Le rétablissement de M. Keïta dans ses fonctions, exigence initiale de la Cédéao, n'est plus d'actualité. Le président en exercice de l'organisation a acté vendredi que, selon les propos que M. Keïta a tenus à la mission de médiation, il a démissionné de son plein gré.

En revanche, la transition devant ramener les civils au pouvoir, sa durée et l'identité de celui qui la dirigera partage la Cédéao et la junte.

La "transition ne saurait dépasser 12 mois", selon le rapport de la mission de la Cédéao consulté par l'AFP, alors que la junte souhaitait initialement trois ans. Elle en propose deux à présent.

Pas question non plus pour les pays ouest-africains que cette transition soit conduite par un militaire en exercice.

"Si nous pouvons considérer que la question de la libération d'IBK est résolue, il n'en est pas de même pour celle du retour à l'ordre constitutionnel qui suppose que tous les militaires regagnent les casernes", a souligné M. Issoufou.

AFP

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