mis à jour le

RDC: 128 morts, 100.000 déplacés en 16 mois dans des violences dans le Sud-Kivu

Au moins 128 personnes ont été tuées et 100.000 autres déplacées entre février 2019 et juin 2020 dans des violences inter-communautaires dans une région de l'est de la République démocratique du Congo, selon l'ONU, "inquiète" par cette "escalade".

La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) "s'inquiète de l'escalade des violences inter-communautaires dans les territoires de Fizi, Mwenga et Uvira dans la province du Sud-Kivu", dans un communiqué.

"Au moins 128 morts" ont été documentées entre février 2019 et juin 2020 dans cette région, où "plus de 110.000 personnes [ont été] déplacées par ces violences" dans les hauts plateaux, a affirmé la Monusco, s'appuyant sur une note analytique de son Bureau des droits l'homme (BCNUDH).

Depuis un an, un conflit oppose dans cette zone des Congolais tutsi rwandophones, les Banyamulenge, à d'autres communautés locales (les Babembe, Bafuliru et Banyindu).

Selon l'ONU, des combattants des groupes armés Ngumino et Twigwaneho, liés à la communauté Banyamulenge, sont tenus pour responsables de l'exécution sommaire de 69 personnes : "Au moins 28 victimes d'exécution sommaire étaient de la communauté Bafuliru, 22 Banyindu, 13 Bembe et six Bashi".

D'autres milices, dont des Maï-Maï (groupes armés liés aux autres communautés) sont tenus responsables de l'exécution sommaire d'au moins 44 personnes dont 41 Banyamulenge, une Bafuliru et une Bembe ainsi qu'une victime non originaire de la région.

D'après le BCNUDH, 15 cas d'exécutions extrajudiciaires (7 Bafuliru, 7 Banyamulenge et une Bashi) sont "attribuables aux FARDC (armée congolaise) dans le cadre de la réponse aux conflits inter-communautaires".

Face à l'exacerbation des violences en février 2019, l'armée a déployé des troupes additionnelles pour renforcer les positions de ses troupes et augmenter leur capacité à protéger les civils dans la région.

Mi-juillet, une attaque sanglante a visé Kipupu, un village de la région, faisant 15 morts, selon l'ONU. Ce bilan diverge considérablement avec celui donné par un groupe d'élus évoquant 220 morts, dans cette région difficilement accessible.

D'après l'ONU, "des milliers de têtes de bétail appartenant à la communauté Banyamulenge ont été tuées, mutilées ou volées" entre février 2019 et juin 2020.

L'Est de la RDC est violemment disputé par une dizaine de groupes armés, congolais et étrangers, depuis près de trente ans.

AFP

Ses derniers articles: Au Sénégal, briser le tabou du viol peut coûter cher  Côte d'Ivoire: retour du Premier ministre après des soins en France  En RDC, Tshisekedi veut renégocier les contrats miniers 

deplaces

AFP

Mozambique: 30.000 déplacés par les violences dans le nord en un mois

Mozambique: 30.000 déplacés par les violences dans le nord en un mois

AFP

Rentrer chez soi ou rester en sécurité: au Nigeria, l'impossible choix des déplacés de Boko Haram

Rentrer chez soi ou rester en sécurité: au Nigeria, l'impossible choix des déplacés de Boko Haram

AFP

Mozambique: poussés par la faim, des déplacés prennent le risque de retourner vers leurs terres

Mozambique: poussés par la faim, des déplacés prennent le risque de retourner vers leurs terres

Sud-Kivu

AFP

RDC: deux civils tués et un garde blessés dans le Sud-Kivu

RDC: deux civils tués et un garde blessés dans le Sud-Kivu

AFP

RDC: une trentaine de groupes armés s'engagent

RDC: une trentaine de groupes armés s'engagent

AFP

Ebola en RDC: un deuxième décès dans le Sud-Kivu

Ebola en RDC: un deuxième décès dans le Sud-Kivu

violences

AFP

RD Congo: au Kasaï, les violences sexuelles survivent

RD Congo: au Kasaï, les violences sexuelles survivent

AFP

Ethiopie: nouvelle flambée de violences interethniques en Amhara

Ethiopie: nouvelle flambée de violences interethniques en Amhara

AFP

Mozambique: les civils fuient par milliers les violences jihadistes

Mozambique: les civils fuient par milliers les violences jihadistes