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Malawi: le président Mutharika qualifie de "coup d'Etat judiciaire" l'annulation de la présidentielle

Le président du Malawi Peter Mutharika a accusé la Cour suprême de son pays de "coup d'Etat judiciaire", dans sa première réaction à la confirmation par celle-ci de l'annulation de sa réélection à la tête de l'Etat en 2019.

Le 8 mai, la Cour suprême a rejeté à l'unanimité l'appel formé par M. Mutharika et par la Commission électorale (MEC) contre l'arrêt historique de la Cour constitutionnelle annulant pour fraudes le scrutin de mai 2019.

La MEC avait donné le président sortant, au pouvoir depuis 2014, vainqueur avec 38,5% des voix contre 35,4% au chef de l'opposition Lazarus Chakwera, soit moins de 159.000 voix d'écart.

La Cour suprême "n'a tenu compte ni des preuves ni de la loi. Pour moi, il s'est agi d'un coup d'Etat judiciaire", a déclaré vendredi M. Mutharika à la radio-télévision d'Etat, ajoutant que les magistrats avaient simplement décidé de se débarrasser du gouvernement.

Agé de 79 ans, le chef de l'Etat, ancien étudiant de la prestigieuse université américaine de Yale et ancien professeur de droit à l'Université de Washingon, a estimé triste que la justice ait annulé le scrutin alors que selon lui il n'a pas été truqué et que les irrégularités n'ont pas influé sur le résultat.

"Ce qui s'est passé, c'est qu'ils (les magistrats) ont désormais établi une norme selon laquelle, dès qu'il y a des irrégularités lors d'une élection, celle-ci doit être annulée", a-t-il expliqué.

"Partout dans le monde, les gens rient du Malawi (...) les gens rient de la justice au Malawi, parce que ce qui s'est passé est totalement ridicule".

Dans son arrêt historique - c'est la première fois qu'une présidentielle est annulée sur des bases légales depuis l'indépendance du Malawi en 1964 -, la Cour constitutionnelle avait pourtant fait état d'irrégularités "graves" et "largement répandues" lors du scrutin, notamment l'usage de correcteur liquide sur des procès verbaux.

Quant à la Cour suprême, elle a fustigé dans son arrêt du 8 mai le recours formé par M. Mutharika et la MEC, estimant que "certains arguments de l'appel non seulement fictifs mais également totalement non professionnels, irrespectueux et répugnants".

Un nouveau scrutin est prévu en juillet. M. Mutharika a annoncé son intention de se présenter à nouveau, notamment face à Lazarus Chakwera.

AFP

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