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La police dans les rues pour faire respecter le confinement au Zimbabwe

La police est descendue lundi en force dans les rues des grandes villes du Zimbabwe pour y faire respecter strictement l'ordre de confinement national imposé par les autorités, dans l'espoir d'endiguer l'épidémie de coronavirus.

En dépit de la crise économique catastrophique que le pays subit depuis une vingtaine d'années, la plupart des 16 millions d'habitants du pays sont sommés depuis lundi de rester chez eux pour trois semaines.

Selon le dernier bilan officiel, sept cas de contaminations par le Covid-19, dont un mortel, ont été recensés au Zimbabwe, pays aux services de santé à l'agonie.

D'ordinaire noire de monde, la gare routière de Harare, dans le township de Mbare, était lundi quasiment déserte, seule une poignée d'employés municipaux s'y activait pour désinfecter les voies, vides, réservées aux bus.

D'importants effectifs de la police anti-émeute armés de matraques y ont dispersé les passagers. "On ne veut voir personne dans les rues, on ne veut voir personne qui n'a rien à faire ici à part piller", a lancé dans son mégaphone un officier, "tout le monde rentre chez soi".

Autour de la gare, de nombreux habitants de Mbare se sont retrouvés piégés par l'interdiction de circuler imposée à la plupart des entreprises de transport. 

"Ca fait plus de deux heures qu'on attend ici et il n'y a toujours pas de bus", s'est plaint auprès de l'AFP l'un d'eux, Most Jawure. "On aurait préféré passer ces trois semaines dans notre village, où on n'a pas besoin de tout acheter", a-t-il ajouté, "je ne peux pas nourrir ma famille ici si je ne travaille pas".

- 'Comment survivre ?' -

La police a également dressé des barrages sur les routes qui mènent au centre de la capitale, aux allures de ville fantôme, et ordonnait aux véhicules et piétons non autorisés de rentrer chez eux.

"On obéit à ce que disent les experts. On doit tenir compte de ce que les autres pays font", a déclaré, fataliste, Kelvin Chitsapi, 36 ans, qui se rendait à sa banque.

De nombreux Zimbabwéens redoutent toutefois l'effet du confinement et de l'épidémie sur leur pays, qui souffre d'hyperinflation et de pénuries de produits de base, de la farine aux médicaments et à l'électricité.

"On n'a plus le droit de vendre", a regretté une vendeuse de légumes de rue de Mbare, Irene Ruwisi, entourée de ses quatre petits-enfants. "Si vous sortez pour faire un peu de commerce, la police vous tombe dessus. Comment pensent-ils (le gouvernement) qu'on va survivre ?".

"On n'a pas eu assez de temps pour faire nos provisions", a déploré Kelvin Moyo, un habitant de Bulawayo (sud), la deuxième ville du pays elle aussi quadrillée par les forces de l'ordre.

"La nourriture est chère au Zimbabwe et on n'a pas beaucoup d'argent", a poursuivi ce père de famille de 28 ans. "En vérité on est foutus, je prie pour un miracle, sinon ma femme, mes enfants et moi mourront de faim".

Loin de ces préoccupations, le ministre de l'Information Nick Mangwana s'est félicité du bon déroulement de la première journée de confinement. "Globalement réussi", a-t-il estimé sur Twitter, en publiant des photos des rues vides de la capitale.

AFP

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