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Cameroun: 6 membres de la société civile nommés à Elecam, l'organe électoral


Le président du Cameroun Paul Biya et sa femme Chantal, le 23 octobre 2010 à Montreux, en Suisse AFP/Archives Sebastien Bozon

L'organe électoral camerounais Elecam (Elections Cameroon) a été élargi par le président Paul Biya qui a nommé six personnalités de la société civile, dont un religieux, a rapporté vendredi la télévision d'Etat à l'approche de la présidentielle prévue pour octobre.

Le président Biya "a signé hier (jeudi) un décret" nommant six nouveaux membres à Elecam, a rapporté la Cameroon Radio-Television (Crtv).

Un religieux, Mgr Dieudonné Watio, évêque de Bafoussam (ouest), et des acteurs de la société civile, dont Pierre Titi Nwel, figurent parmi les personnes choisies, selon le décret lu à la Crtv.

Une élection présidentielle doit se tenir en octobre sans qu'une date ait encore été arrêtée. Ce sera le premier scrutin organisé par Elecam.

M. Titi Nwel a dirigé la Commission Justice et Paix, une organisation rattachée à l'Eglise catholique, connue pour ses rapports très critiques sur le déroulement des élections.

"Cet important décret qui porte à 18 le nombre de membres" d'Elecam est conforme à une réforme d'Elecam intervenue en mai au Parlement, a précisé la Crtv. Il "s'inscrit dans le cadre de l'amélioration continue de notre processus de démocratisation au renforcement de la transparence, de la neutralité, de l'impartialité au perfectionnement de notre système électoral", a-t-elle commenté.

Le décret présidentiel précise que les douzes premiers membres d'Elecam restent en place.

L'opposition et la société civile ont toujours accusé M. Biya d'avoir nommé ses camarades du parti à Elecam. Certains des douze premiers membres de l'organe étaient des membres du parti présidentiel. Leur démission du parti après leur désignation à Elecam n'a pas suffi à faire taire les critiques.

Depuis la réforme en mai d'Elecam, l'organe s'est vu retirer le droit de publier les résultats provisoires des élections, la prérogative des résultats définitifs revenant au Conseil constitutionnel. Celui-ci n'existant pas dans les faits au Cameroun, c'est la Cour suprême dont les membres sont nommés par M. Biya qui le remplace.

Une autre reforme adoptée également en mai au Parlement a réduit les pouvoirs d'Elecam dans l'organisation des élections, tout en renforçant ceux de l'administration et de la justice.