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Epidémie d'Ebola en RDC: la course aux vaccins bat son plein, l'épidémie marque le pas

Un deuxième vaccin a été introduit à titre expérimental jeudi contre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, quelques jours après l'homologation officielle du premier sérum.

Des équipes de l'ONG Médecins sans frontière (MSF) ont ouvert deux centres d'injection des doses du laboratoire américain Johnson & Johnson (J&J) à Goma, la grande ville du Nord-Kivu d'un à deux millions d'habitants, à la frontière du Rwanda.

Dans le quartier de Majengo, deux personnes ont été vaccinées et 41 avaient retiré un ticket sur la liste d'attente en milieu de matinée, a indiqué à l'AFP un porte-parole de MSF.

Responsable de la mise en oeuvre du nouveau protocole, MSF veut cibler "50.000 personnes sur une période de quatre mois", avec 23.000 doses déjà livrées en RDC, selon les chiffres de l'ONG.

"Après avoir reçu la première dose du vaccin, les participants seront invités à se présenter de nouveau deux mois plus tard pour une deuxième injection", a précisé MSF dans un communiqué.

L'enjeu consiste à "vérifier le bon déroulement de la vaccination à deux doses, dans une région à population très mobile et où il y a eu des cas dans le passé".

Quatre premiers cas de fièvre hémorragique avaient été enregistrés à Goma en juillet-août. Les autorités sanitaires avaient redouté une propagation de la maladie dans une ville densément peuplée, plaque tournante des échanges avec le Rwanda, l'Ouganda, et la province voisine du Sud-Kivu.

- Aucun cas à Goma -

Aucun nouveau cas de fièvre Ebola n'a cependant été signalé à Goma depuis le mois d'août. L'épicentre de l'épidémie se situe toujours à 350 km au nord, dans la région de Beni-Butembo, avec des risques de déplacements vers la province voisine de l'Ituri.

Déclarée le 1er août 2018, cette 10e épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué 2.193 personnes, pour 1.067 guérisons. L'épidémie a été déclarée "urgence de santé publique mondiale" le 17 juillet par l'OMS, dans un appel aux bailleurs de fonds.

En tête des contributeurs, les Etats-Unis ont annoncé en juillet qu'ils avaient "versé plus de 98 millions de dollars à la RDC en réponse à la flambée de la maladie à virus Ebola".

Il s'agit de la deuxième épidémie la plus grave de l'histoire après celle d'Afrique de l'Ouest en 2014 (11.000 morts au Liberia, Sierra Leone et Guinée).

C'est aussi la première fois que des vaccins sont utilisés à titre "compassionnel" (à titre expérimental, sans autorisation préalable de mise sur le marché) pour prévenir la maladie qui se traduit par des poussées de fièvre, des diarrhée, des hémorragies...

En zone endémique, la première campagne de vaccination a commencé une semaine après la déclaration officielle de l'épidémie le 1er août 2018. 

Depuis, 251.079 personnes ont été vaccinées par le premier vaccin rVSV-ZEBOV, fabriqué par le groupe américain Merck Shape and Dohme, selon le dernier pointage des autorités sanitaires congolaises mercredi soir.

Hasard des dates ou pas dans la "guerre des vaccins", comme l'appelle certains spécialistes ? Ce premier vaccin a reçu un début d'homologation préalable à sa mise officielle sur le marché juste à la veille de l'introduction du deuxième protocole.

L'OMS a "préqualifié" mardi le premier vaccin, "ouvrant la voie à son utilisation dans les pays à haut risque".

L'annonce de l'OMS fait suite à la décision prise lundi par la Commission européenne d'autoriser la commercialisation de ce vaccin. Le 18 octobre, l'Agence européenne du médicament (EMA) avait déjà accordé son feu vert.

En juillet, l'ancien ministre de la Santé Oly Ilunga avait démissionné en dénonçant "des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste" dans leur volonté d'introduire un deuxième vaccin.

M. Oly Ilunga est actuellement en résidence surveillée, accusée par les autorités congolaises de détournement de fonds dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

En septembre, MSF avait accusé l'OMS de "rationner" le premier vaccin utilisé depuis le début de l'épidémie. Des accusations que l'OMS avaient balayées.

Une réduction sensible des cas de contamination à Ebola a été observée ces dernières semaines par les autorités sanitaires. Mercredi soir, le dernier bulletin épidémiologique indique que 508 cas suspects sont en cours d'investigation: "Quatre nouveaux cas ont été confirmés. Aucun nouveau décès des cas confirmés n'a été enregistré".

"Dans sa phase actuelle, l'épidémie n'est plus urbaine mais c'est devenu une épidémie rurale. Le virus Ebola s'est retranché en Ituri. Il faut donc le poursuivre, le coincer et l'éliminer", a déclaré fin octobre le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordonateur de la riposte anti-Ebola.

AFP

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