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Guinée: la contestation privée des corps des manifestants tués

Les autorités guinéennes ont annoncé qu'elles ne pouvaient pour l'instant restituer aux familles les corps des manifestants tués récemment alors que l'opposition comptait faire de leurs funérailles une nouvelle occasion de défiler contre le président Alpha Condé.

La Guinée, petit pays de 13 millions d'habitants, pauvre malgré d'importantes ressources minières, est en proie depuis le 14 octobre à une intense contestation. Au moins huit manifestants (dix selon l'opposition) et un gendarme ont été tués, des dizaines d'autres blessés, des dizaines arrêtés et jugés.

La protestation vise le projet prêté au président Alpha Condé de briguer sa propre succession en 2020 et de changer à cette fin la Constitution, qui l'empêche de concourir à un troisième mandat.

Le Front national pour la défense de la Constitution, qui mène le mouvement, avait annoncé que les funérailles des manifestants tués auraient lieu ce mercredi et avait appelé à se mobiliser pour leur rendre un dernier hommage.

Le ministère de la Santé a indiqué dans un communiqué publié mardi soir, quelques heures avant les obsèques prévues, que les dépouilles ne pouvaient être remises aux proches parce que les autopsies étaient toujours en cours. Il dit assurer au processus "la meilleure diligence possible".

Un responsable de la contestation a indiqué dans la presse que la "marche funèbre" était maintenue.

L'opposition, qui proclame le mouvement pacifique, les proches et des médecins disent que les manifestants ont été tués par les balles des policiers et des gendarmes. Les défenseurs des droits humains dénoncent un usage excessif de la force par le gouvernement. Mais le président Condé affirme que ce sont les manifestants eux-mêmes qui tirent pour mettre les morts "sur le dos" du gouvernement.

Le ministère de la Santé se dit "déterminé à élucider les causes exactes (des) décès" et les autopsies serviront "à l'identification des différentes responsabilités".

Les tensions actuelles font redouter une escalade dans un pays coutumier des manifestations et des répressions violentes. La communauté internationale inquiète a appelé au dialogue et au respect des droits.

A 81 ans, M. Condé ne confirme ni n'infirme les intentions qu'on lui attribue.

AFP

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