Côte d’Ivoire: le grand retour sur la scène internationale
L’agitation chronique qui caractérise la géographie politique africaine ramène inévitablement au premier plan des cas de figure déjà vus il n’y a pas si longtemps.
Professeur de géographie politique à l’Université Bordeaux 3. Auteur de Géopolitique de la Côte d’Ivoire, Armand Colin, 2008.
L’agitation chronique qui caractérise la géographie politique africaine ramène inévitablement au premier plan des cas de figure déjà vus il n’y a pas si longtemps.
Il faut se méfier des métaphores médicales quand on évoque les turbulences d’un pays fragile, mais il faut aussi se souvenir que les mêmes causes entraînent souvent les mêmes effets. Or, le tableau clinique du pays (Faso) des hommes intègres (Burkina) affiche des symptômes déjà observés ici ou là en Afrique et dont on peut sans grand risque prédire qu’ils (ré)apparaîtront bientôt dans un nombre croissant d’Etats du continent.
Toujours prompts à anticiper, bon nombre d’analystes ont commencé à explorer les chantiers de l’après-Gbagbo et, parmi les tâches prioritaires, voire vitales, qui attendent le président élu, la «réconciliation» est présentée comme la pierre angulaire du mandat d’Alassane Ouattara.
Depuis quelques semaines, il n’échappe pas aux analystes que le chef de l’Etat sortant de Côte d’Ivoire perd progressivement la maîtrise de la situation. C’est ainsi que, lâché par la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et menacé de manquer rapidement de liquidités, il a annoncé qu’il allait créer sa propre monnaie, la MIR (pour Monnaie ivoirienne de la Résistance) et s’est mis en quête d’un pays ami capable d’en imprimer les billets. En vain.